À 50 mètres sous la surface, dans une eau à environ -1,6 °C, les chercheurs ont croisé un calmar bobtail arctique (Rossia moelleri). Jamais cette espèce n'avait encore été observée dans les eaux du parc national du Nord-Est du Groenland, le plus grand parc national du monde.

Mais l'animal n'était pas seul. Il transportait une poche contenant une cinquantaine d'œufs. Une découverte particulièrement précieuse dans cette région reculée, dont la biodiversité marine reste encore largement méconnue.

Un calmar nageant dans les eaux caribéennes. © Laetitia, Adobe Stock

En vidéo : une espèce inconnue de calmar couvre des œufs géants dans les abysses !

Les profondeurs marines sont loin d'avoir livré tous leurs secrets : deux tiers des espèces resteraient encore inconnues ! Une méconnaissance qui recule petit à petit au fur et à mesure des observations, à l'image de ce calmar d'espèce possiblement inconnue, observé en train de couver des œufs d'une taille exceptionnelle !... Lire la suite

Rossia moelleri est la plus grande et la mieux adaptée au froid des trois espèces de calmars bobtail présentes dans l'Arctique. Malgré son apparence presque attendrissante, avec ses grands yeux globuleux, il s'agit d'un prédateur jouant un rôle important dans la chaîne alimentaire, notamment en reliant les écosystèmes vivant dans la colonne d'eau à ceux des fonds marins.

Images capturées par le ROV montrant les différents amas d’œufs observés. Le sac A renfermait environ 50 œufs, contre 33 pour le sac B et 22 pour le sac C. © P. Maroni, Polar Biology (2026)

Un précieux témoin des bouleversements de l'Arctique

Cette observation a été réalisée lors de l'expédition Polar BLAST grâce à un véhicule télécommandé (ROV), déployé depuis un navire d'expédition. Pour les scientifiques, elle montre tout l'intérêt d'explorer ces eaux difficiles d'accès.

Avec une courte durée de vie et un renouvellement rapide des générations, le calmar bobtail arctique pourrait être particulièrement sensible aux bouleversements de son environnement. © The University of Western Australia/YouTube

D'autant que le calmar bobtail arctique possède une courte durée de vie et un renouvellement rapide des générations. Des caractéristiques qui pourraient le rendre particulièrement sensible aux variations de son environnement.

Dans les abysses, une créature disparaît sous les yeux des chercheurs. © Image générée par IA, ChatGPT

« Nous n'avions jamais rien observé de tel » : ce calmar prouve que les abysses recèlent encore d'innombrables mystères

Dans les profondeurs obscures du Pacifique, une scène inattendue a été filmée par des scientifiques : une créature inconnue, immobile, à demi enfouie dans la boue, semblant se fondre dans le paysage abyssal. Ce comportement, jamais observé auparavant chez les céphalopodes, pourrait révéler bien plus qu’une simple curiosité biologique.... Lire la suite

Alors que l'Arctique se réchauffe rapidement sous l'effet du changement climatique, documenter la présence et la reproduction des espèces devient essentiel pour suivre l'évolution de ces écosystèmes. Comme le soulignent les chercheurs dans leur étude publiée dans Polar Biology, dans des régions polaires aussi peu étudiées, une seule observation confirmée peut déjà livrer de précieuses informations sur la répartition, la reproduction et la résilience d'une espèce.