En Gironde, pendant que les pompiers combattent les flammes, des agriculteurs et des citoyens remplissent leurs citernes, creusent des tranchées, retournent la terre pour couper la route au feu ou mettent leurs engins à disposition. Ils dorment peu, travaillent beaucoup et prennent des risques. L'instinct de ces femmes et de ces hommes les pousse à se rendre utiles. Comme dans la fable du colibri qui, face à l'incendie de sa forêt, transporte quelques gouttes d'eau quand les autres animaux restent tétanisés ou fuient. Le colibri fait sa part.

Il faut saluer le courage de ceux qui refusent de rester spectateurs de désastre en cours. Ces héros improvisés ne remplaceront pas les professionnels, mais ils deviennent des acteurs de la solution. Face à toute catastrophe, nous attendons beaucoup des pouvoirs publics, des pompiers, de la police et de la protection civile. C'est leur mission et ils doivent disposer des moyens nécessaires pour l'assumer. Mais face à des événements d'une telle ampleur, aucune puissance publique ne peut tout faire, partout et immédiatement.

L'Enfer (Edito)

Nous l'avons vécu en Belgique lorsque les rivières sortaient de leur lit. Dans ces moments, les premières heures comptent et toutes les bonnes volontés, les compétences et le matériel disponible peuvent être précieux. Il serait même sage d'anticiper leur apport précieux…

Si chaque commune savait, avant la crise, qui peut apporter quoi, elle renforcerait sa résilience. Quels professionnels disposent de citernes, d'engins lourds, de groupes électrogènes, de pompes ou de véhicules adaptés ? Quels habitants peuvent accueillir, transporter, cuisiner ou simplement aider des personnes isolées ? Quels lieux peuvent rapidement devenir des centres d'accueil ?

Incendies en France et en Espagne : une "nouvelle vague de chaleur" inquiète, les feux en Gironde "stabilisé" mais "pas fixé"

Pour éviter que l'improvisation ne complique le travail des secours, il faut préparer, recenser, former et même assurer les volontaires qui, le jour venu, répondront à l'appel. Chaque catastrophe démontre que la solidarité n'est pas une exception. Chacun aide à sa manière, avec ses bras, son matériel ou même par des dons financiers. Mais cette solidarité peut aussi s'organiser en amont, pour donner à chacun la possibilité de prendre sa part, selon ses moyens et ses compétences.

Autour des pompiers et des secours, une société mieux préparée peut devenir une force considérable. Les incendies ravageurs de cet été le démontrent : nous devrons apprendre à ne plus seulement attendre les secours, mais aussi à leur porter secours. Ensemble.

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