l'essentiel Trois ans de prison ferme et 15 ans de suivi socio-judiciaire : la sanction est tombée sans détour pour ce Castrais de 60 ans sous curatelle. Pris en flagrant délit de récidive pour téléchargement et détention de contenus pédopornographiques, le prévenu est banni de tout espace fréquenté par des mineurs. Récit d'une audience sous haute tension.

De prime abord, il a l'air très gentil, même inoffensif. Avec ses lunettes sur le nez, son t-shirt vert d'eau, son bermuda démodé et ses sandales marron, on se demande même si ce Castrais de 60 ans se rend compte de la situation. Debout dans le box des prévenus, il était pourtant jugé cette semaine au tribunal de Castres pour avoir acheté et conservé des images pédopornographiques sur son téléphone. Plus grave : ce n'est pas la première fois.

Alors, sans suspense, il a été condamné, lourdement : 3 ans de prison, 15 ans de suivi socio-judiciaire, injonction de soins et interdiction de paraître dans des lieux accueillant des enfants. Les magistrats ont sorti la totale pour un homme, certes sous curatelle renforcée, mais "pédophile", comme il a été clairement dit à l'audience.

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Les policiers ont pu mettre la main dessus après le signalement d'une voisine, qui avait appris en lisant La Dépêche du Midi, que l'individu avait déjà été condamné pour des faits en lien avec des mineurs, en 2024 (six mentions à son casier judiciaire depuis 1998, uniquement pour agressions sexuelles et détention d'images pédoporno). Elle trouvait étrange la relation qu'il avait nouée avec un adolescent du quartier. Pour autant, ce dernier ne s'est jamais plaint de quelconques problèmes.

Achat des vidéos via la messagerie cryptée Telegram

Mais les mains courantes où son nom figurait ont poussé les policiers à aller faire un tour à son domicile. Un disque dur externe et son téléphone ont été saisis durant la perquisition. Dans le premier, rien, mais dans le second, des photos et vidéos pédoporno ont été découvertes, achetées via la messagerie cryptée Telegram.

"Ce monsieur est malade et parfois, toutes les réponses ne sont pas dans le Code pénal. Il est isolé socialement. Son seul partenaire c'est son téléphone et son seul interlocuteur c'est quelqu'un au Bangladesh."

"C'était par curiosité, juste pour moi. Je regrette de les avoir", a-t-il confié aux juges. Célibataire, sans enfant, placé dès l'âge de 2 ans chez ses grands-parents puis en foyer, le Castrais travaillait jusqu'alors dans un Esat (Établissements et services d'aide par le travail).

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Aucune maladie psychiatrique n'a été relevée par le docteur Ferrara, en charge de l'expertise psy. "Pour assouvir vos besoins, vous savez que ces enfants subissent des viols ?" lui a demandé la présidente du tribunal. Réponse : "Je ne sais pas..."

Pour son avocat Me Gout : "Ce monsieur est malade et parfois, toutes les réponses ne sont pas dans le Code pénal. Il est isolé socialement. Son seul partenaire c'est son téléphone et son seul interlocuteur c'est quelqu'un au Bangladesh." En référence aux réseaux internationaux de pédocriminels. Pas de quoi faire flancher la procureure Buguel, face au "prédateur" : "Il a abandonné son traitement. Son casier judiciaire montre qu'il est inamendable : le seul endroit où il ne commet pas d'infractions, c'est en prison." Il y dort depuis lundi et pour un long moment.