Un Ukrainien soupçonné d’avoir participé au sabotage de Nord Stream a été arrêté en Croatie. Il travaillait sur le tournage d’un film consacré à l’affaire, avec Sean Penn et Adrien Brody au casting.

Par Maëlle Roudaut avec AFP

Des policiers croates escortent le ressortissant ukrainien Vladimir Z. (au centre), un plongeur professionnel soupçonné d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022, en Croatie, le 20 août 2026.

SRECKO NIKETIC / AFP

Des policiers croates escortent le ressortissant ukrainien Vladimir Z. (au centre), un plongeur professionnel soupçonné d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022, en Croatie, le 20 août 2026.

Un ressortissant ukrainien nommé Vladimir Z., soupçonné d’être impliqué dans le sabotage du gazoduc russe Nord Stream en 2022, a été placé en détention suite à la décision d’un tribunal croate ce jeudi 20 août, en vue de son extradition éventuelle vers l’Allemagne

Cet homme, né en 1979, que la justice polonaise a refusé d’extrader en 2025, a été arrêté mercredi matin dans un hôtel à Pula, ville côtière du nord-ouest de la Croatie, alors qu’il travaillait sur un tournage d’un film hollywoodien… qui porte précisément sur l’explosion de Nord Stream.

Si la justice et la police croates n’ont donné aucun détail sur les circonstances de son arrestation, des médias allemands et croates ont affirmé jeudi que le suspect avait été interpellé en marge du tournage d’un film réalisé par l’Américain Doug Liman, avec des rôles attribués notamment à Adrien Brody et Sean Penn, a commencé début août à Zagreb, et c’est déplacé ensuite sur la côte Adriatique, selon des médias croates.

« La juge d’instruction (...) a pris la décision (...) d’ordonner la détention provisoire de la personne recherchée, un ressortissant ukrainien, en vue de sa remise » à l’Allemagne, sur la base d’un mandat d’arrêt européen, a indiqué le tribunal régional de Pula dans un communiqué. Cette décision a été prise « en raison d’un risque de fuite » du suspect.

Plongeur de formation, Vladimir Z. « est fortement soupçonné d’avoir provoqué, en bande organisée, une explosion, commis un acte de sabotage anticonstitutionnel et de destruction d’une infrastructure », selon le parquet fédéral allemand basé à Karlsruhe (ouest).

Un autre ressortissant ukrainien arrêté

Il s’agit de la deuxième arrestation dans cette affaire hautement sensible, qualifiée début juillet par le parquet allemand de « crime de guerre ».

Selon le parquet allemand, Vladimir Z. faisait partie du commando dirigé par le ressortissant ukrainien Serhii K., arrêté en Italie il y a un an et extradé en Allemagne à l’automne 2025. Il aurait participé à la pose de charges explosives sur les gazoducs lors de plongées. Selon le tribunal croate, il encourt jusqu’à 15 ans de prison en cas d’une condamnation.

À défaut d’un consentement du ressortissant ukrainien à son extradition, la juge croate n’a pas pris de décision à ce sujet, précise-t-on dans le communiqué. Il peut aussi contester la décision sur son placement en détention devant une chambre d’appel.

Kiev a toujours démenti avoir orchestré le sabotage

Le 26 septembre 2022, sept mois après l’invasion russe de l’Ukraine, quatre énormes fuites de gaz précédées d’explosions sous-marines avaient eu lieu à quelques heures d’intervalle sur Nord Stream 1 et 2, des conduites acheminant l’essentiel du gaz russe vers l’Europe.

Cette photo diffusée le 27 septembre 2022 par le commandement de la Défense danois montre la fuite de gaz sur le gazoduc Nord Stream 2, telle qu’elle a été observée depuis un F-16 de l’armée danoise intervenant au large de l’île danoise de Bornholm, dans la mer Baltique, au sud de Dueodde.

HANDOUT / AFP

Cette photo diffusée le 27 septembre 2022 par le commandement de la Défense danois montre la fuite de gaz sur le gazoduc Nord Stream 2, telle qu’elle a été observée depuis un F-16 de l’armée danoise intervenant au large de l’île danoise de Bornholm, dans la mer Baltique, au sud de Dueodde.

Kiev a toujours démenti avoir orchestré le sabotage, mais n’a pas non plus caché sa satisfaction, jugeant légitime toute attaque pouvant affaiblir la capacité du Kremlin à financer sa guerre.

Vladimir Z. avait été placé en détention provisoire en 2025 en Pologne, également par le biais d’un mandat d’arrêt européen. Mais un juge polonais avait alors refusé de l’extrader, arguant qu’il avait commis un acte juste, et ordonné sa libération en octobre.