Au Journal de Monaco, les premières mentions de l’hôtel de France, niché au 6 rue de la Turbie, remontent à l’année 1973. En réalité, l’établissement serait plus ancien que cela.

Unique « 2-étoiles » de la Principauté et vestige de l’hôtellerie indépendante, il est passé entre plusieurs mains, dont celles des époux Pauleau (depuis 1986 !), avant que les fonds ne soient cédés, en octobre 2025, à trois amis trentenaires.

Associés dans une société de construction (M2C), Stéphane Richelmi, Rui Ribeiro et Anthony Hermenier ont saisi l’opportunité qui s’offrait à eux. « On a été initialement appelés pour faire des travaux car les anciens propriétaires cherchaient à vendre. On a visité et on a tout de suite vu le potentiel pour en faire un boutique-hôtel élégant », retrace le premier, ancien pilote automobile, ce jeudi 17 septembre lors de l’inauguration.

De janvier à avril 2026, en ne fermant les lieux aux clients que 4 jours, les investisseurs monégasques et portugais ont mené des travaux conséquents : d’abord de rénovation et de remise au goût du jour des 28 chambres (dont 2 sont désormais classées PMR), puis de réhabilitation au rez-de-chaussée.

Les 28 chambres réparties sur 3 étages ont été rénovées.
Les 28 chambres réparties sur 3 étages ont été rénovées.
Arthur Rozewicz

C’est ici que la transformation a été la plus radicale. « C’était très sombre et désuet. On a souhaité tout ouvrir en y installant le lobby, le bar et café ainsi que la salle de petit-déjeuner. C’est bien plus lumineux avec un beau linéaire de vitrines, détaille Stéphane Richelmi. Cela apporte aussi de la vie dans la rue et donne envie aux gens de l’extérieur, qui ne sont pas clients de l’hôtel, de venir boire un café ou un verre, de prendre le petit-déjeuner. »

C’est au rez-de-chaussée que la transformation a été la plus radicale.
C’est au rez-de-chaussée que la transformation a été la plus radicale.
Arthur Rozewicz

La couleur terracotta, qui habille la façade de l’hôtel, se décline ainsi dans le mobilier intérieur. Un mélange de marbre et de bois de noyer dans des tons chauds (ocre, orange et marron). Les banquettes cocoon, chaises hautes vertes et blanches, tables en marbre et motifs d’inspiration parisienne composent un intérieur soigné.

Des tarifs abordables pour Monaco

Historiquement à la réception depuis 1997, Sylvie Mifsud-Picaud est devenue directrice de cet hôtel de France nouvelle génération. « C’est l’âme et la bible des lieux. Beaucoup de clients sont des habitués de longue date et sont attachés à elle », glisse Léa, en charge de la communication. À ses côtés, une équipe de sept employés (réceptionnistes de nuit et femmes de chambre) qui ont tous été conservés avec la nouvelle gérance.

« Tous les dix ans, nous avions connu des changements de look et petites rénovations, mais jamais d’une telle ampleur. C’est une transformation que j’attendais depuis longtemps, sourit Sylvie Mifsud-Picaud. C’est plus chaleureux, convivial, et cela plaît aux clients puisque l’on est complet. »

Avec une localisation stratégique en centre-ville, près de la gare SNCF, et des tarifs oscillant entre 130 euros et 225 euros (selon la taille de chambre et la saison, sans le petit-déjeuner à 15 euros), l’hôtel de France se démarque des tarifs logiquement plus onéreux de ses concurrents affichant davantage d’étoilés. « Il y a cette idée reçue que tout est très cher à Monaco. La clientèle qui a moins de budget peut dormir ici avec le budget d’un hôtel niçois », fait remarquer Stéphane Richelmi.

Si la clientèle est davantage tournée vers le business, avec la tenue de nombreux congrès et événements dans le pays, les touristes qui viennent visiter représentent une part de 40 %.

Un espace soigné pour le petit-déjeuner, boire un café ou un verre, ou travailler.
Un espace soigné pour le petit-déjeuner, boire un café ou un verre, ou travailler.
Arthur Rozewicz

La qualité du service et les prestations fournies pourraient légitimement découler sur une classification en 3-étoiles, mais un élément majeur bloque cette montée en gamme : l’absence d’ascenseur pour desservir les 3 étages. Des travaux coûteux et techniques qui ne sont pas à l’ordre du jour.

Un projet inédit de restaurant à Fontvieille

Dans leur quête de diversification de leurs activités, les trois entrepreneurs devraient inaugurer d’ici quelques mois un nouveau projet du côté de Fontvieille : un restaurant avec un concept pour le moins inédit en Principauté. Mystère, pour l’heure.