Publié12. juillet 2026, 07:56

Suisse romandeChaleur et grêle: la peur des paysans d'une hausse des assurances

La répétition des épisodes météo extrêmes pourrait faire exploser les primes pour couvrir les dégâts dans les champs, selon les agriculteurs. Leur assureur tempère.

David Ramseyer

Le ciel ne cesse de tomber sur le monde agricole. Exploitations dévastées par la grêle et des pluies diluviennes il y a dix jours à Genève, ou encore élevages plombés par la canicule côté vaudois: la liste des événements climatiques extrêmes s'allonge toujours plus. Leur répétition et leur intensité grandissante font aujourd'hui craindre aux producteurs «une explosion des coûts de l'assurance-culture», alerte Héloïse Candolfi, directrice de la faitière AgriGenève.

Un avis largement partagé dans le milieu. Une augmentation générale des primes résonne ainsi comme «une évidence» pour Georges Vuillod, maraîcher à Bardonnex (GE). Lequel voit les nuages s'accumuler sur la profession: «Cela impactera nos coûts de production, nos espoirs de bénéfices et les prix à la vente.» Agriculteur à la tête de la faîtière vaudoise Prométerre, Christophe Longchamp nuance: «C'est sûr, avec le dérèglement climatique, on ne va pas vers le beau. Mais notre assureur est sain financièrement, je ne vois donc pas une forte hausse arriver rapidement.»

Assurance récolte: mode d'emploi

Non obligatoire, l'assurance récolte est à géométrie variable. Le montant de la prime dépend de plusieurs facteurs: la taille de l'exploitation, le type de cultures et les risques naturels couverts (gel, sécheresse, grêle, pluies excessives, etc.). La situation géographique entre aussi en ligne de compte pour le calcul de la prime: le danger d'inondations est plus grand pour les champs au pied des reliefs, il grêle davantage dans la vallée de l'Entlebuch (LU) qu'en Bas-Valais, par exemple.

Augmentation possible, mais...

Principal assureur du monde paysan – qui l'apprécie –, Suisse Grêle évoque de son côté «une hausse possible, en particulier pour les risques de gel, de chaleur et de sécheresse», sans la chiffrer ni la dater. Sa porte-parole, Esther Böhler, parle cependant plutôt d'«ajustements» sectoriels que d'une majoration générale. Exemple avec les betteraves sucrières, pour lesquelles il y a de plus en plus d'indemnités de sécheresse versées: «Le tarif sécheresse n'a pas augmenté, cependant le montant maximal d’indemnisation a été limité à 60%.»

Un violent orage s'est abattu au sud du canton de Genève, le 29 juin 2026. De nombreuses exploitations agricoles ont été touchées.Lecteurs reporters/20min

Aujourd'hui, avec une couverture maximale, le propriétaire d'une exploitation de grandes cultures (céréales, pommes de terre, maïs, etc.) de 22 hectares (la surface agricole moyenne en Suisse en 2025, selon les statistiques fédérales) paie une prime d'assurance récolte de 2000 et 8000 francs par an, estime Suisse Grêle. La moyenne à Genève est d'environ 4000 fr. annuels.

Monde paysan appelé à muter

Face au dérèglement climatique, «l'assurance récolte est utile, mais ce n'est pas une baguette magique, relève Héloïse Candolfi. L'enjeu principal est l'adaptation au changement». Cela passe notamment par l'agriculture de conservation des sols, de nouveaux types de plantations (fruits, céréales ou cépages, par exemple) et par le développement de la recherche agronomique. «Sur ce point, la situation est très inquiétante, accuse la dirigeante. Dès 2027, la Confédération opérera des coupes importantes au sein de son centre de compétences Agroscope, avec une réduction du budget et des postes, ainsi que l'abandon de certaines recherches.»

David Ramseyer

David Ramseyer (dra) a intégré la rubrique Genève de 20 minutes en 2014. Il traite notamment de sécurité et de développement durable.

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