Charlotte, d'Anloy, a le cheval de trait dans la peau jusqu'à la Foire de Libramont : "Le jour du concours, ce n'est jamais pareil"
À l'élevage du Piret, à Anloy, les chevaux de trait ardennais font partie du quotidien. Pour Charlotte Arnould, originaire d'Ochamps, cette passion ne s'est jamais imposée: elle a toujours été là. "Mon grand-père, Michel Otjacques, a commencé l'élevage, puis mon tonton Jean-Michel a repris. Ma maman a toujours été dans les chevaux aussi. J'ai reçu ma première jument quand j'avais deux ans, donc au final, j'ai toujours vécu avec eux. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j'allais continuer ou pas, c'était naturel. Quand j'étais petite, je pensais davantage faire des spectacles avec les chevaux. Aujourd'hui, ce qui me plaît, c'est vraiment l'élevage, voir évoluer les poulains, préparer les chevaux, sélectionner les reproducteurs et essayer d'améliorer la qualité de notre élevage."
Foire de Libramont et Petite Foire : "Là vous êtes en grande surface mais ici chez le producteur" (vidéo)Si cette activité n'est pas son métier principal, elle y consacre pourtant une grande partie de son temps libre. "Ça prend énormément de temps. Les chevaux, c'est tous les jours. Il faut leur donner à manger, remettre de l'eau, vérifier que tout va bien. On ne peut pas dire qu'on prend congé pendant quelques jours. C'est une responsabilité permanente, mais c'est aussi ce qui fait la beauté de cette passion ".
Des semaines de préparation avant de monter sur le ring
Au sein de la famille, les tâches sont réparties de manière bien précise. "Moi, je m'occupe surtout de toutes les manipulations avec les chevaux. C'est moi qui les travaille, qui les prépare pour les concours, qui les emmène sur les rings et qui les présente. Je m'occupe aussi de la vente des chevaux. Mon tonton gère davantage toute la partie alimentation, les foins, l'entretien de l'exploitation. Ma marraine, elle, s'occupe de tout ce qui est administratif. Chacun a trouvé sa place et ça fonctionne bien comme ça."
Libramont : un attelage de dix chevaux menés d'une seule main sur le Grand Ring (vidéo)Cette préparation demande un travail de longue haleine, bien avant les concours. "Les gens voient cinq minutes sur le ring, mais derrière, il y a plusieurs semaines de préparation. Il faut déjà que le cheval soit dans un bon état physique, ni trop gras ni trop maigre. Ensuite, surtout avec les jeunes pouliches, il faut leur apprendre à sortir, à marcher droit, à supporter le bruit, les drapeaux, les haut-parleurs, les autres chevaux. On essaie de les sortir le plus souvent possible pour leur montrer un maximum de choses. Malgré tout, le jour du concours, ce n'est jamais pareil. Il y a énormément de monde, beaucoup d'animation et on ne sait jamais comment un cheval va réagir. C'est ce qui rend l'exercice aussi stressant, même quand on a bien travaillé".
Une première place pour Ria de l'Halvigne
La Foire agricole de Libramont reste le grand rendez-vous de l'année pour la jeune éleveuse. "J'y vais depuis que je suis dans le berceau, c'est devenu une habitude. C'est le moment où on retrouve tous les éleveurs et les amis. On découvre aussi les jeunes chevaux des autres élevages. L'ambiance est vraiment particulière et c'est ça qui nous donne envie de revenir chaque année."
Cette convivialité n'empêche pas l'esprit de compétition. "Bien sûr qu'on vient avec l'envie de gagner. Il y a du challenge entre les élevages, mais la plupart du temps, ça reste des rivalités saines. Cette année, on présentait deux pouliches et un étalon."
Avez-vous goûté la "26", la nouvelle bière de la Foire de Libramont pour ses 100 ans? "Nous voulions prendre ce risque"Sa pouliche Ria de l'Halvigne a fini première tandis que la seconde a terminé à une belle quatrième place. Des résultats qui récompensent tout le travail réalisé à la maison. Et lorsqu'il arrive que des chevaux quittent finalement l'élevage, c'est une autre fierté qui prend le relais. "Certains chevaux partent notamment pour l'attelage. Récemment, un propriétaire est revenu me voir pour me dire qu'il était vraiment satisfait d'un cheval venu de chez nous. Entendre ce genre de retour, c'est probablement la plus belle récompense. On se dit que tout le temps passé auprès d'eux en valait la peine et qu'on contribue, à notre manière, à faire vivre le cheval de trait ardennais."
Nos 50 plus belles photos de ce samedi à la Foire de Libramont : des beaux moutons au champion des taureaux et bien plusLes lauréats
Championnat des poulains de 1 an: Gaston de Samrée
Championnat des poulains de 2 ans: Falcon de Harsin
Championnat des pouliches de 1 an: Ria de l'Halvigne
Championnat des pouliches de 2 ans: Tosca du Monty
Championnat des juments de 3 ans: Précieuse de l'Halvigne
Championnat des juments: Kalinca du Four à Chaux
Championnat des étalons: Daryus du Fonzay
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.