Publié16. juillet 2026, 21:48

SantéChez les jeunes, la canicule exacerbe les troubles mentaux

Une étude australienne montre que les hospitalisations en psychiatrique d'enfants et ados augmentent durant les épisodes de chaleur extrême.

Eva Grau

Des températures élevées sont associées à un risque accru de troubles liés à l’usage de substances, de dépression, d’anxiété ou encore de TOC.

Des températures élevées sont associées à un risque accru de troubles liés à l’usage de substances, de dépression, d’anxiété ou encore de TOC.Photo d'illustration/IMAGO/YAY Images

Selon l'Organisation mondiale de la santé, un jeune de 10 à 19 ans dans le monde sur sept souffre d'un trouble mental. Trouble qui s'aggrave en période chaleur extrême, révèle une étude australienne repérée par Euronews qui a recensé une augmentation des hospitalisations psychiatriques chez les enfants et les jeunes. Ses auteurs estiment que le réchauffement climatique, au fur et à mesure qu'il s'accentue, devrait peser de plus en plus lourd sur la santé mentale.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs de l'Université de Sydney ont compilé les données des hospitalisations en psychiatrie en Nouvelle-Galles du Sud, entre 2011 et 2022, concernant des enfants et des ados jusqu'à l'âge de 17 ans et de jeunes adultes de 18 à 24 ans. Ils ont constaté que les admissions étaient plus nombreuses les jours les plus chauds, en particulier durant la période froide. Comment expliquer cette hausse? L'étude avance une hypothèse.

Le cerveau surchauffe

Lorsque le thermomètre extérieur grimpe, il est plus difficile pour l'organisme de réguler sa température interne. Résultat: le fonctionnement des cellules est perturbé, tout comme la pression artérielle et l'oxygénation du cerveau. Les variations de température inattendues pourraient avoir une influence délétère sur l'humeur, le sommeil ou la réponse au stress, favorisant l'agressivité et la violence.

L'étude note que des températures élevées sont associées à un risque accru de troubles liés à l’usage de substances, de dépression, d’anxiété, de TOC, de troubles déficitaires de l’attention, de troubles du comportement et du contrôle des impulsions, notamment. Des risques accrus ont également été observés pour la schizophrénie, les troubles du comportement alimentaire et les automutilations (en hiver).

«Les changements climatiques devraient aggraver ce problème, soulignant l'urgence de prioriser la santé mentale dans les stratégies d'adaptation au changement climatique et de santé publique», écrivent les auteurs dans «Science». Selon leurs projections, les hospitalisations en psychiatrie liées à la chaleur devraient augmenter de 6 à 20,8%, suivant que le niveau, faible à fort, des émissions de gaz à effet de serre.

Eva Grau

Eva Grau (egr) est journaliste chez 20 minutes, titre qu'elle a rejoint en 2009. Ses thèmes de prédilection: la santé et l'actu people-culture.

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