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L’annonce d’une nouvelle entente-cadre entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador sur le complexe hydroélectrique de Churchill Falls, lundi, a provoqué son lot de réactions du côté des partis d’opposition.

Ce qui agace : la première ministre Christine Fréchette a laissé entendre que la réélection de la Coalition avenir Québec (CAQ) serait nécessaire pour que cette entente se concrétise.

Après avoir discuté hier avec la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, j’ai appris que l’entente définitive ne sera signée qu’après les élections générales du 5 octobre, a fait savoir le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, après l’annonce.

Selon les détails du protocole d'entente transmis lundi, les deux provinces ont jusqu'au 31 mars 2027 pour s'entendre.

En point de presse, Christine Fréchette a d’ailleurs semblé conditionner la signature de cette entente à l’élection d’un gouvernement de la CAQ, le 5 octobre. C'est nous qui avons construit l'ensemble de cette œuvre, et c'est nous qui allons pouvoir la mettre en œuvre, a-t-elle déclaré à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

MM. Legault et Furey se serrent la main.

En 2024, le premier ministre terre-neuvien Andrew Furey avait renouvelé l'entente de Churchill Falls avec le Québec, mais son successeur Tony Wakeham l'a abandonnée en 2025.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Elle avance même qu'un gouvernement du Parti québécois (PQ) – la formation qui mène dans les sondages – pourrait déchirer le protocole d’entente qu’elle a négocié dans les dernières semaines, une affirmation qu'a aussitôt démentie le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

C’est tout simplement une fausseté, a-t-il dit. La réalité est que personne n'a lu l'entente, et que si l'entente est positive pour le Québec, évidemment qu’un gouvernement du PQ aura intérêt à maintenir cette entente.

Tenter de faire croire aux Québécois que nous avons besoin d'un autre quatre ans de CAQ, car il s’agirait de la seule manière de faire vivre une entente dont on ne sait rien à ce jour, est évidemment une manœuvre électorale grossière.

Un homme parle devant un micro, devant un lutrin, à l'extérieur.

Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon est en tête dans les sondages en vue des élections du 5 octobre. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En somme, tous les partis d'opposition à l'Assemblée nationale, ainsi que le PCQ, se disent ouverts à appuyer cette entente s’ils sont élus le 5 octobre, mais ils veulent prendre le temps de l’analyser.

Un gouvernement du PLQ analysera pleinement cette entente pour s’assurer qu’elle est optimale pour les Québécois avant une ratification finale, a écrit le chef libéral Charles Milliard sur X, lundi après-midi.

Trop d'inconnues demeurent pour savoir s'il s'agit vraiment d'une bonne entente. [...] Il me semble aussi évident qu'en 2026, on ne peut s'entendre sans consultation réelle des Premières Nations dont le territoire sera impacté, a pour sa part écrit la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.

Le milieu économique optimiste

Dans un contexte où plusieurs entreprises sont déjà en attente de blocs d'énergie pour décarboner leurs activités, [...] sécuriser de nouvelles capacités de production est essentiel, a affirmé lundi après-midi le Conseil du patronat du Québec (CPQ), qui représente les employeurs privés et parapublics.

Selon le CPQ, l’accroissement de la capacité énergétique permet une plus grande prévisibilité aux entreprises consommatrices, pour autant que les tarifs d’Hydro-Québec demeurent concurrentiels pour le secteur privé.

Ce protocole d’entente intervient alors que le Québec, tout comme l’ensemble de l’Amérique du Nord, fait actuellement face à une augmentation rapide de la demande d’électricité du secteur industriel et commercial, notamment avec l’arrivée des grands centres de données servant à alimenter l’intelligence artificielle.

L’Association minière du Québec a aussi accueilli favorablement ce nouveau protocole d’entente, soulignant la forte demande en énergie des sites miniers.

Une carte du bassin versant de Churchill Falls.

Le complexe de Churchill Falls est situé au Labrador, près de la frontière avec le Québec.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

Une nouvelle Baie-James

Rappelons que, grâce à la nouvelle entente-cadre sur Churchill Falls, entérinée lundi, le Québec aura accès à environ 10 000 mégawatts (MW) supplémentaires en provenance du Labrador, plutôt que les quelque 7200 MW que prévoyait l’entente signée en 2024.

Dix mille mégawatts représenteraient une augmentation de 27 % de la capacité de production d’Hydro-Québec, soit la quantité d’électricité consommée par environ 3 millions de foyers, selon Christine Fréchette.

À titre de comparaison, les neuf centrales du complexe de la Baie James – le plus puissant complexe hydroélectrique du Québec – produisent un peu plus de 16 000 MW.

Avec des informations de La Presse canadienne