La violoncelliste Clémence Mebsout et Michaël Dian, directeur du festival de Chaillol qui fête cette année ses 30 ans.

Le festival de Chaillol propose pendant un mois des concerts dans une multitude de lieux disséminés dans les vallées autour de Gap (Hautes-Alpes), parfois en pleine nature. Le festival repose sur "le principe de n'avoir pas de lieu en exploitation, mais d'avoir choisi d'être au plus près des habitants et donc d'aller de ville en village, de places en petites chapelles, salles des fêtes, parfois des lieux plus patrimoniaux", décrit son directeur, Michaël Dian.

Lorsqu'il a créé le festival, il y a 30 ans, "l'idée c'était de dire : comment on s'y prend dans ce territoire particulier avec cette démographie, cette présence très forte de la montagne, des paysages, pour organiser une offre culturelle qui soit en résonance juste avec la manière dont ce territoire est construit", se souvient Michaël Dian. "Il y a quelque chose qui a été noué il y a 30 ans, qui est un geste d'amour entre la musique, les paysages, les musiciens, les habitants, et qu'on a patiemment et amoureusement préservé".

Parler à des publics différents

"Nous, on a vécu sur place des rencontres humaines et artistiques extraordinaires", savoure la violoncelliste Clémence Mebsout qui forme avec Valentin Hoffmann le duo Ourika et qui a participé pour la première fois au festival en 2024. "Nous, on croit aussi beaucoup au fait qu'on peut se servir de notre instrument pour aller parler à plein de publics différents, pour aller se produire dans plein de contextes différents, et on croit beaucoup aussi à la déhiérarchisation des répertoires", poursuit la musicienne.

Le duo Ourika participera notamment dimanche à une balade musicale en pleine nature. "Les auditeurs se déplacent de lieu en lieu dans les montagnes, ils ont des petites étapes musicales avec plusieurs artistes dont notre duo et donc on joue en résonance avec les montagnes, avec les oiseaux avec les arbres etc", décrit Clémence Mebsout.