Clunisois/Charolais. Des agriculteurs volent au secours d’un couple de maraîchers en manque d’eau
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Des agriculteurs volent au secours d’un couple de maraîchers en manque d’eau
Jeudi après-midi, une quinzaine d’agriculteurs du Clunisois et du Charolais ont multiplié les allers-retours pour remplir la réserve d’eau d’un couple de maraîchers de Saint-Martin-de-Salencey, mise à sec à cause de la sécheresse. En ces temps difficiles, en raison des conditions météorologiques caniculaires, le monde paysan se serre les coudes.
Adrien Wagnon -
Aujourd’hui à 19:21 | mis à jour aujourd’hui à 20:33
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Ils sont venus de Saint-Vincent-des-Prés, de Salornay-sur-Guye, de La Vineuse-sur-Frégande, de Pressy-sous-Dondin, mais aussi d’Ozolles ou de Vaudebarrier. Avec leur tracteur et leur tonne de 5 000, 7 000 ou 10 000 litres.
Jeudi après-midi, les agriculteurs du Clunisois et du Charolais ont répondu à l’appel à l’aide lancé par Julie et Cédric Têtard, un couple de maraîchers bio installé depuis plus de 10 ans sur la petite commune de Saint-Martin-de-Salencey.
En cet été caniculaire dans le département , et face à une sécheresse qui grille les paysages du Clunisois, ces maraîchers se sont retrouvés face à une situation intenable. Leur réserve d’eau, un étang naturel qui permet d’irriguer leurs plantations, était quasiment à sec.
Jeudi, les agriculteurs ont fait de nombreux allers-retours entre Saint-André-le-Désert et Saint-Martin-de-Salencey. Photo Adrien Wagnon
« C’est très émouvant de voir cette solidarité »
Grâce à un appel relayé par la maire du village, Marie-Thérèse Gérard, et le maire de Chérizet, Armand Lagrost , tous deux élus de la communauté de communes du Clunisois, la solidarité s’est rapidement mise en place avec les agriculteurs locaux. « On s’est organisé le 14 juillet pour être prêt deux jours plus tard », relate Armand Lagrost, soulagé de pouvoir « sauver une entreprise ».
Jeudi, les agriculteurs sont allés puiser l’eau dans un étang créé par le maire de Chérizet dans les années 90, situé à Saint-André-le-Désert, avant de la déverser, trois kilomètres plus loin, dans la réserve de Julie et Cédric Têtard. Le défilé des tracteurs a duré une bonne partie de l’après-midi, sous l’œil attentif de quelques habitants qui saluaient le geste des agriculteurs.
Julie et Cédric Têtard sont installés depuis 2015 en maraîchage bio sur la petite commune de Saint-Martin-de-Salencey. Photo Adrien Wagnon
« C’est très émouvant de voir cette solidarité, témoigne le couple de maraîchers. Nous ne connaissons pas certains des agriculteurs, mais ils sont quand même venus nous aider. Nous les remercions tous sincèrement. »
« Quand la situation est compliquée, nous devons nous serrer les coudes »
« C’est normal de venir ici, leur répond Alexandre Large, agriculteur installé à Vaudebarrier, à une grosse vingtaine de kilomètres de Saint-Martin-de-Salencey. Quand la situation est compliquée, nous devons nous serrer les coudes. Cela montre aussi l’importance des réserves d’eau pour l’agriculture. Nous, dans notre village, cela fait trois ans qu’on essaie d’en créer une. Mais c’est très compliqué. Ce n’est pas normal. »
Grâce à leurs tracteurs et leurs tonnes à eau, les agriculteurs sont parvenus à remplir en partie la réserve d’eau de Julie et Cédric Têtard, un couple de maraîchers bio, mise à sec par la sécheresse. Photo Adrien Wagnon
« Il manque d’eau partout », ajoute Thierry Dufour. Jeudi, cet éleveur est venu d’Ozolles, une commune touchée par un important incendie il y a quelques jours. « S’il n’y avait pas eu de solidarité des agriculteurs la semaine dernière, la moitié de la commune aurait brûlé », dit-il.
Au fil des heures, l’étang du couple de maraîchers s’est rempli. Un soulagement pour Julie et Cédric Têtard, qui ont besoin d’utiliser en moyenne 15 m3 d’eau par jour pour arroser la quarantaine de légumes qu’ils cultivent sur place.
Ces choux ont littéralement grillé en raison de la canicule et la sécheresse. Photo Adrien Wagnon
Cet élan de générosité va leur permettre de souffler et de mieux gérer l’angoisse du manque d’eau. Mais cela ne permettra pas de sauver leur récolte. Car cet été, le soleil, la chaleur et le manque d’eau ont déjà ravagé une bonne partie de leur production.
500 000
Le nombre de litres d’eau transportés ce jeudi par les agriculteurs pour remplir en partie la réserve d’eau du couple de maraîchers.
Salades, tomates, légumes d’automne… Tout a grillé ou presque
Installés depuis 2015 à Saint-Martin-de-Salencey, Julie et Cédric Têtard cultivent une quarantaine de légumes en agriculture bio. Cet été, « comme tous les maraîchers », ils doivent faire face à une canicule et une sécheresse qui font des ravages dans les cultures.
« On a planté 4 000 salades et il ne reste plus rien, relate le couple. Pour les tomates, on ne devrait en récolter que 5 %. » Et quand ils arrivent à produire un peu, les chevreuils ou les blaireaux, eux aussi affamés en cet été caniculaire, viennent se nourrir sous les serres.
Face au manque d’eau, les maraîchers, qui vendent leur production sur les marchés du territoire, ont été contraints de ne pas exploiter une partie de leurs terres. Depuis plusieurs semaines, ils ne tirent quasiment aucun revenu de leur travail, pourtant très difficile et chronophage. Ils savent que les prochains mois seront tout aussi compliqués, même si l’eau fait son retour. Les haricots ont grillé et les légumes d’automne, comme les choux, sont aussi en grande souffrance.
Adrien Wagnon