CNN, « The Guardian » et même TMZ : après « l’acte III » des lycéens, Bally Bagayoko « star montante » de la presse internationale
Bally Bagayoko, le 6 octobre, lors de « l’acte III » de la mobilisation des lycéens face à des forces de l’ordre. KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Il est désormais comparé à un Spiderman arrêtant à la force de ses bras un métro bondé lancé à vive allure et privé de freins. Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis, fait sensation auprès de la presse internationale depuis « l’acte III » des lycéens, mardi, où il a été filmé en train de protéger des jeunes face à la police, les bras écartés, criant « arrêtez » aux forces de l’ordre.
Dans la foulée, l’édile insoumis s’est retrouvé interviewé par la chaîne américaine d’information en continu CNN, puis par le quotidien britannique « The Guardian »… et s’est même retrouvé dans les colonnes et les réseaux sociaux du tabloïd américain TMZ, pourtant plutôt porté sur les déboires des personnalités du showbiz ou de la télé-réalité.
Vilipendé en France pour avoir lancé que « la violence peut être légitime » – des propos qu’il n’a pas reniés, tout en précisant qu’il la « désapprouvait », le maire de Saint-Denis prend désormais la lumière hors des frontières à la faveur d’une séquence où il « s’interpose » entre les lycéens et les forces de l’ordre.
Sur d’autres images tournant en boucle, il apparaît même recevant de la part des lycéens des soins avec du sérum physiologique, après avoir reçu du gaz lacrymogène dans les yeux.
« Ma responsabilité est de m’interposer à chaque fois que cela est possible, et parfois au risque de ma vie ou de mon intégrité physique », a expliqué Bally Bagayoko, voix posée et drapeaux français, européen et palestinien en fond, interrogé par le « Guardian ». Et d’ajouter ensuite que les « jeunes ont fait bloc » autour de lui « fraternellement ». « Je suis avant tout un humaniste », assure-t-il lors d’une interview avec le média français en ligne Booska P.
Auprès de CNN, il explique que les policiers « se sont contenus » parce qu’il est une « personnalité rapidement identifiable » en France. A l’étranger, sa notoriété est balbutiante. Après son élection aux municipales au printemps dernier, seuls quelques grands médias européens ont écrit sur sa large victoire et sur la manifestation antiraciste, qu’il a en partie initiée après avoir été victime de harcèlement.
Désormais, sa notoriété prend une autre envergure. C’est « l’une des figures emblématiques de la manifestation » pour le média colombien « La Semana », « l’icône de la révolte » pour le quotidien espagnol « Mundo Deportivo ». Six mois à peine après son arrivée à l’hôtel de ville, « le maire de banlieue » parisienne devient, comme le qualifie le « New York Times », une « étoile montante ».
Et la manière dont il est présenté n’est pas anodine. Le média mexicain NMás, la télé turque ou encore le média arabophone « Al-Jazeera » le qualifient de « premier maire musulman de Saint-Denis » – identité qu’il met lui-même parfois en avant.
« Qui a sonné Trump ? »
Le maire insoumis a rapidement pris conscience de cette nouvelle caisse de résonance. Il a republié un énième reportage de CNN, qui l’identifie ; en commentaire, comme un miroir, il cingle Emmanuel Macron qui n’appelle « pas à la désescalade ». Outre le président français, il rebondit aussi sur les propos du président américain et se demande « qui a sonné Trump sur les mobilisations lycéennes ». Deux jours auparavant, le locataire de la Maison-Blanche avait affirmé que le mouvement lycéen avait pour origine « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle ». Un discours xénophobe dont Bally Bagayoko a lui-même souffert en France.
Une présence médiatique que l’édile soigne par ailleurs. Ce dernier avait en effet prévu de médiatiser sa présence le jour de la manifestation du 6 octobre, comme l’a rapporté un journaliste du « HuffPost » : le maire insoumis était accompagné d’une caméra. Le soir même, il a publié une vidéo à l’esthétique très travaillée, où on le voit entouré par une foule de jeunes.
Par Sidonie Blaise