Les élections municipales du Pradet vont-elles être annulées à cause d’un message posté sur un réseau social par un candidat ? C’est l’une des questions soulevées par un recours examiné ce jeudi par le tribunal administratif de Toulon, sous la présidence de Philippe Harang. Le délibéré sera rendu la semaine prochaine.

Le juge de l’élection a été saisi par Valérie Rialland dont la liste estampillée « union des droites pour la République » (UDR) a été battue à l’issue du second tour le 22 mars 2026 par celle « divers droite » (DVD) du maire sortant, Hervé Stassinos, avec un écart de seulement 64 voix.

La protestation électorale portée par la candidate UDR repose sur une série de griefs en lien avec la communication municipale en période électorale mais aussi avec les opérations de vote du dimanche 22 mars.

« La décision du tribunal confirme pleinement notre légitimité à représenter les Six-Fournais, à conduire l’action municipale et à poursuivre le mandat qui nous a été confié », réagit Frédéric Boccaletti.

Selon Me Léonard Zerbib, le maire aurait entretenu un certain flou entre ce qui relève de son rôle institutionnel et de la promotion d’une future candidature. L’avocat pointe notamment les « petits déjeuners citoyens » organisés en mairie ou encore la cérémonie des vœux en janvier 2026.

Sans convaincre la rapporteure publique (chargée de livrer une analyse juridique étayée) selon laquelle ces rendez-vous se sont inscrits dans « un cadre habituel » de la vie locale. « La requérante n’apporte aucun élément concret de nature à démontrer que le maire sortant aurait utilisé ces événements pour faire campagne. »

La magistrate n’a pas été plus convaincue par les suppositions « non circonstanciées » autour d’éventuelles manœuvres visant à mobiliser des non-votants dans les dernières heures du second tour.

Une polémique lancée à 23 h 57

Reste le « cœur de la protestation électorale » qui repose, selon Léonard Zerbib, sur « des éléments polémiques tardifs », en l’occurrence un message posté sur la page Facebook de la liste « divers gauche » conduite par Bernard Pezery, non représenté à l’audience.

Publié à 23 h 57 le vendredi 20 mars 2026, le message mettait en cause la sincérité de Valérie Rialland qui n’a pas pu y répondre à cause de la fin de la campagne fixée à minuit. Cette allégation faisait suite à une interview publiée le matin même par Var-Matin.

« Cet article a nécessairement circulé très largement dans la journée, M. Pezery avait la possibilité d’apporter des éléments dans la journée bien avant 23 h 57. Cet horaire semble révéler tout à fait l’intention de M. Pezery de pourrir la campagne de Mme Rialland. »

De quoi altérer la sincérité du scrutin au point de l’annuler ? Pas suffisamment, estime la rapporteure publique. « Si cette démarche est regrettable […] il n’apparaît pas que ce post a fait l’objet d’une diffusion importante. »