Colère lycéenne, retraites, guerre en Ukraine… Ce qu'il faut retenir du dernier débat entre les candidats de la primaire sociale-démocrate sur BFMTV
Colère lycéenne, retraites, guerre en Ukraine… Ce qu'il faut retenir du dernier débat entre les candidats de la primaire sociale-démocrate sur BFMTV
Publié hier à 23h56
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L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel ont débattu sur BFMTV le 4 octobre 2026 - BFMTV
Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont débattu ce dimanche 4 octobre au soir sur BFMTV, en partenariat avec Libération. Un troisième débat avant le premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique les 9 et 10 octobre prochain.
À quelques jours du premier tour, les cinq candidats de la primaire sociale-démocrate se sont affrontés ce dimanche 4 octobre sur BFMTV, en partenariat avec Libération, lors d'un dernier débat télévisé pour tenter de se démarquer et attirer le plus grand nombre d'électeurs possible avant le premier tour du 9 et 10 octobre prochain.
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L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste Emmanuel Maurel ont débattu près de 3h sur plusieurs thèmes, notamment les retraites, LFI, la colère lycéenne. Voici ce qu'il faut retenir du débat.
• Une colère "légitime": les candidats unanimes sur la mobilisation des lycéens
Les cinq candidats se sont accordés sur les revendications "absolument légitimes" des lycéens qui manifestent depuis dix jours partout en France. "La violence ne sert absolument à rien", a souligné Jérôme Guedj mais "leurs revendications sont absolument légitimes".
"Moi président, je reçois les lycéens à l'Élysée", a renchéri Olivier Faure, qualifiant la situation actuelle de "honte". "Ces jeunes-là ne demandent pas à casser mais à étudier", a-t-il ajouté. "On ne tire pas à bout portant sur nos enfants, point barre", a-t-il fustigé.
"J'encourage les adultes à être aux côtés des lycéens (...) Avec moi, il n'y aurait pas de mouvement social", a assuré Ségolène Royal, tandis qu'Emmanuel Maurel s'est prononcé pour l'abrogation de Parcoursup, qui "crée un sentiment d'injustice".

"Il faut être inflexibles avec les casseurs qui viennent voler les mobilisations des lycéens", a estimé de son côté Raphaël Glucksmann, qui appelle à "augmenter les salaires des enseignants".
• 62 ans, capitalisation ou non… Les retraites, une question de "justice" sociale
Interpellés par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet sur la question des retraites, les cinq candidats se sont exprimés sur l'âge de départ et la capitalisation. Pour Jérôme Guedj, "il y aura une nouvelle réforme des retraites qui devra être juste".
"Je ne défends pas la notion d'un âge pivot", a-t-il expliqué, mais "un nombre de trimestres modulé avec la pénibilité".
Emmanuel Maurel, lui, plaide pour les "62 ans", et s'est dit "complètement hostile" à la capitalisation. Il a appelé à ne pas angoisser les Français avec "le déficit des retraites, qui n'est pas important". "Les retraites complémentaires sont excédentaires, dans le fonds de réserve il reste 20 milliards, mais surtout (...) est-ce qu’on sait ce qu’il va se passer en 2032? Je ne le sais pas", a-t-il lancé.
S'il devient président, Olivier Faure demandera "l'abrogation immédiate de la réforme Borne", avec un retour à 62 ans. Le patron du PS a réclamé une mise à contribution de l'intelligence artificielle dans le financement des cotisations: "si vous avez dans une entreprise, dix comptables et que d'un coup, l'intelligence artificielle vient en remplacer neuf, vous avez la charge de neuf personnes au chômage, il va faire payer ce qu'elle rapporte avec un dividende IA."

"Nous abrogerons la réforme injuste de 2023 et il n'y aura pas de capitalisation", a expliqué Raphaël Glucksmann, assurant qu'on "ne pourra pas faire 60 ans, donc ce sera 62 ans".
Ségolène Royal, elle, a appelé à arrêter "de faire peur aux retraités", notamment "tant qu'on n'a pas remis l'impôt de la solidarité sur la fortune". "Les retraites, c’est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas et c’est des gens qui ont cotisé. Je ne veux pas qu’on diminue les retraites tant qu’on n’a pas réglé la question de la justice fiscale, tant qu’on n’a pas remis l’impôt de la solidarité sur la fortune", a-t-elle ajouté.
• L'Ukraine, "l'avenir de l'ensemble de l'Europe" et "la frontière de la liberté"
Alors que le Rassemblement national plaide pour l'arrêt de l'aide à l'Ukraine, les candidats de la primaire sociale-démocrate sont unanimes pour son maintien. Pour Raphaël Glucksmann, "ce qui se joue en Ukraine, ça n'est pas juste l’avenir de l’Ukraine, c’est l’avenir de l’ensemble de l’Europe, nous sommes tous ciblés". L'eurodéputé a appellé à saisir les avoir publics russes qui sont actuellement gelés pour les affecter à la solidarité à l'Ukraine et "il faut qu’on construise cette défense européenne, souveraine, autonome".
Ségolène Royal, elle, souhaite également "maintenir la défense de l'Ukraine" mais considère qu"il faudra le même effort pour arrêter cette guerre." Elle a assuré qu'il faut "négocier avec Vladimir Poutine".
Une idée que rejette Emmanuel Maurel, qui estime que le président russe "ne veut pas dialoguer". "Il faut saisir les avoirs gelés des Russes pour financer l'effort de guerre et nous préparer à un certain nombre d'actes, de faire de la cyberdéfense parce que les Russes vont tenter, sur le territoire français et européen, de nous attaquer", a-t-il lancé.

Pour le député PS Jérôme Guedj, il faut que l'Ukraine "gagne cette guerre et qu'elle puisse décider des conditions dans lesquelles elle demande le cessez-le-feu et la récupération de la souveraineté sur son territoire". Pour lui, "il faut que la France continue le financement et la livraison des armes", car "c'est notre sécurité qui se joue là-bas".
Pour Olivier Faure, l'objectif de Vladimir Poutine ne se "limite pas à l'Ukraine", "la frontière ukrainienne est la frontière de la liberté".
• L'immigration, entre régularisation des sans-papiers et "préférence travail"
Olivier Faure, comme Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann se sont dits en faveur de la régularisation des sans-papiers. "Notre économie ne tourne pas toute seule (...) On fait comme si on avait pas vu, on les laisse sans droits, où on dit qu'ils travaillent et qu'ils méritent des droits?", s'est interrogé le patron du PS.
"Les tenants de l'immigration zéro sont soit dans une forme de négation de la réalité ou alors ils mentent", a de son côté souligné Raphaël Glucksmann, tandis que Ségolène Royal a fustigé la "grande hypocrisie de laisser dans l'irrégularité les salariés que certains patrons ont fait venir".
Jérôme Guedj, lui, s'est dit plutôt pour une "immigration planifiée". Il veut une loi de programmation pour "répondre aux besoins des secteurs professionnels", citant les services à la personne, l'hôtellerie, le bâtiment.

Pour Emmanuel Maurel, les étudiants étrangers doivent être "mieux accueillis". Sur le droit d'asile, il a estimé "que c'est la tradition de la France depuis plusieurs siècles". "Le principal problème c'est qu'il y a des gens sans-papiers qui travaillent et qui cotisent à la sécurité sociale (...) Il faut les régulariser", a-t-il conclu.
• Jean-Luc Mélenchon, un "boulet" pour les candidats
La possibilité d'une éventuelle alliance avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a logiquement occupé une partie du débat. "Je veux que nous puissions gouverner dans la clarté, je refuse les compromissions avec les Insoumis et avec Jean Luc Mélenchon", a déclaré Raphaël Glucksmann.
Une idée partagée par Jérôme Guedj qui a qualifié le leader insoumis de "boulet sur la perspective de victoire face au Rassemblement national". Ce dernier a aussi accusé Olivier Faure, qui estime nécessaire le rassemblement de la gauche à l'Assemblée, de "tous nous fragiliser" en laissant "entendre que nous aurions des passerelles possibles" avec LFI.
Le patron du PS Olivier Faure a rétorqué n'avoir "jamais parlé d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon" mais a regretté que "c'est le seul débat qui s'installe". "Vous avez réussi à faire tourner une primaire socialiste autour de Jean-Luc Mélenchon", a-t-il fustigé.

Alors que Raphaël Glucksmann a répété son hostilité à LFI, Ségolène Royal a dénoncé le "hold-up" que le candidat de Place publique mène sur le PS, l'accusant d'être venu dans la primaire car il "n'a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique", et d'accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour "justifier l'alliance avec la droite".
• Elle "fait la danse du ventre": Ségolène Royal dénonce une "agression à connotation sexuelle" après les propos privés de Raphaël Glucksmann à son encontre
Des propos du candidat à la primaire de la gauche Raphaël Glucksmann, tirés d'une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, et dans laquelle il dit "pisser" sur Jean-Luc Mélenchon et accuse Ségolène Royal d'avoir "fait la danse du ventre" devant Emmanuel Macron pour obtenir des postes gouvernementaux, ont fait vivement réagir les deux intéressés et se sont infiltrés dans le débat.
"J'ai l'habitude des agressions verbales pendant mes campagnes. Mais venant de vous, ça m'a particulièrement choqué, car en plus c'est une agression à connotation sexuelle", a déclaré Ségolène Royal à Raphaël Glucksmann.
"Je n'accepte pas qu'une fois de plus, on puisse dégrader une femme (...) Je n'ai jamais demandé de poste à Emmanuel Macron, j'ai même été virée par Emmanuel Macron", a-t-elle assuré, évoquant notamment sa défense des Gilets jaunes.

"On parle de deux vidéos dans un cadre privé qui n'avaient pas vocation à devenir publiques (...) Il n'y avait aucune connotation sexiste dans l'expression 'danse du ventre'", s'est justifié Raphaël Glucksmann.
"Je ne pense pas qu'il faille utiliser ce type de langage dans le débat public, j'en suis absolument conscient", a-t-il ajouté. "Dans le cadre privé, qui ici n'a jamais utilisé ce type de langage?", a-t-il tenté de se défendre.
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"Le plus simple, c'est de s'excuser", a lancé de son côté Olivier Faure à Raphaël Glucksmann. "Tu t'excuses ou tu ne t'excuses pas, ça ne me regarde pas", a encore déclaré le patron de PS. Quelques instants plus tard, l'eurodéputé a finalement présenté ses excuses à Ségolène Royal.
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