La désignation d'un commissaire régional à la sécurité et aux drogues avance à grand pas. Le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR) avait annoncé que le dossier serait bouclé pour la fin du mois d'octobre, au plus tard début novembre. Nous y sommes. Des 25 candidats initiaux, onze remplissaient les critères d'expérience requise : 9 francophones et deux néerlandophones. Huit ont finalement été invités à un entretien, dans le but d'en garder deux pour la finale.

"Toutes ses compétences étaient insuffisantes"

Des deux finalistes, aucun n'est Bruxellois. Il s'agit de Ken De Decker, chef de corps de la zone de police de Rhode-Saint-Genèse en périphérie flamande, et de Miranda Scheers, directrice de la sécurité et de la prévention de la ville de Leuven, toujours en Brabant flamand, apprend La DH à bonnes sources. Les six autres candidats non retenus pour la finale sont tous francophones, une majorité vit et travaille dans le secteur de la police ou de la sécurité à Bruxelles.

Trois jours de télétravail, 35 jours de congé, résistance à la pression : Voici le "job description" du commissaire régional aux drogues de Bruxelles

D'après nos informations, le comité de sélection a jugé que M. De Decker "possède les bases nécessaires et que, moyennant un accompagnement, il est apte à occuper ce poste". L'évaluation de Mme Scheers est moins positive. Le comité a ainsi conclu que "lors de l'évaluation, Mme Miranda Scheers a démontré qu'elle ne possédait pas les compétences mesurées. Toutes ses compétences étaient insuffisantes."

Le point sera soumis à l'ordre du jour du gouvernement bruxellois de ce jeudi. Sauf que, de source bien informée, le dossier transmis aux membres du gouvernement présente quelques trous. Ainsi, les avis de la commission d'évaluation n'ont pas tous été communiqués. "Le gouvernement est appelé à classer les deux candidats restants, mais on ne dispose pas des éléments lui permettant de comprendre pourquoi les candidats classés 2e, 3e et 4e à l'assessment ont été éliminés", lit-on dans une note interne.

"Un commissaire au niveau fédéral et un autre au niveau de la Région, ça me fait rire"

De fait, lors de l'assessment entre les huit derniers candidats, Miranda Scheers était arrivée en 5e position, avec une cote globale de 53 %. Elle se retrouve pourtant en finale, avec une infime chance d'être choisie. Ken De Decker était arrivé premier (66 %), largement devant trois candidats francophones, deux Bruxellois et un Wallon. Mieux classés que Miranda Scheers, ces trois candidats n'ont pas été jugés aptes. La candidature de Ken De Decker au poste de commissaire régional à la sécurité et aux drogues sera donc proposée par le MR en conseil des ministres ce jeudi.

Au sein du gouvernement bruxellois, on s'étonne de l'absence de transparence et de clarté dans le processus de sélection. Certains s'étonnent également de la "faiblesse" des candidatures". Tandis que d'autres déplorent qu'aucun des deux finalistes ne semble posséder une connaissance profonde du terrain bruxellois. De là à relancer la procédure ? C'est peu probable, face à la montée des critiques sur la création de ce poste, le MR veut avancer vite.

Le ou la vainqueur(e) disposera d'un budget de 1,5 million d'euros, sous forme de dotation à Safe. brussels, dès 2027 pour monter son équipe.

Commissaire antidrogue, sécurisation des gares, fusion des polices : voici ce que prévoit l'accord de gouvernement pour la sécurité à Bruxelles

La création d'un commissaire régional antidrogue a fait l'objet de lourdes critiques récemment. Interrogé par BX1, le procureur général Frédéric Van Leeuw avait jugé la création de cette nouvelle structure superflue. "Honnêtement, on pourrait investir cet argent autrement. Au parquet de Bruxelles, ils n'ont pas suffisamment d'employés pour traiter les dossiers, et on va faire une nouvelle structure, alors qu'il y en a une au niveau fédéral qui va faire exactement la même chose. Il y a quand même un problème. […] "Avoir un commissaire au niveau fédéral et un autre au niveau de la Région, ça me fait rire. Ça ne va pas."

Une sortie qui avait suscité une vive réaction du ministre-président Boris Dilliès, en charge du dossier : "Je n'ai pas ri. J'ai trouvé que ce n'était pas sérieux de balancer ce genre de propos d'autant que l'on dit souvent à raison que le monde politique n'a pas à se prononcer sur les décisions de Justice. Je pense que l'inverse n'est pas forcément sain", avait-il répliqué.

Lutte contre le narcotrafic : "On ne peut plus prendre un pot à Saint-Gilles sans se faire agresser par quelqu'un qui est en manque de cocaïne"

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.