Prêt payant, obligation d’achat, pourcentage à la revente : le Stade Rennais s’offre le défenseur anglais de Toulouse dans un montage qui rapporte gros au club haut-garonnais.

Il y a dix-huit mois, quand Toulouse est allé le chercher à Leeds pour un peu plus de 4 millions d’euros, personne ou presque n’imaginait la suite. Un grand échalas anglais de 21 ans, sans expérience du continent, envoyé découvrir la Ligue 1 et ses attaquants vicieux. Le pari semblait osé. Il s’avère aujourd’hui être l’un des plus rentables du dernier mercato français.

Car le dossier est désormais bouclé : Charlie Cresswell (23 ans) va s’engager avec le Stade Rennais. Selon les informations du journaliste de The Athletic David Ornstein, confirmées ce samedi, le défenseur central quittera le Téfécé dans les prochaines heures, direction la Bretagne.

Un montage financier à tiroirs

Le mécanisme retenu par les deux clubs mérite qu’on s’y attarde. Rennes ne verse pas immédiatement l’intégralité de la somme : l’Anglais arrive d’abord sous la forme d’un prêt payant estimé à 2,5 millions d’euros. Une manière, pour les dirigeants bretons, d’étaler l’effort sur deux exercices comptables.

Mais l’affaire est ficelée sur le long terme. Le prêt s’accompagne d’une obligation d’achat fixée à 25,5 millions d’euros, dont 3 millions liés à des bonus (nombre de matchs disputés, qualification européenne, sélections internationales, selon les habitudes du marché). Total de l’opération pour le Stade Rennais si tous les voyants passent au vert : 28 millions d’euros. Un investissement massif. Ou plutôt, disons-le franchement, l’un des plus lourds jamais consentis par le club breton pour un défenseur.

Le TFC, lui, ne repart pas les mains vides sur l’avenir de son joueur : 10 % du montant d’une éventuelle revente reviendront dans les caisses toulousaines. La direction sportive haut-garonnaise, qui n’en est plus à son coup d’essai en matière de trading, réalise là une plus-value proche des 600 %.

Visite médicale dimanche, contrat de cinq ans

Attendu en Bretagne pour passer sa visite médicale dès ce dimanche, Cresswell doit ensuite parapher un contrat de cinq ans, soit jusqu’en juin 2031. Une durée qui en dit long sur la place que lui réserve le projet rennais : celle d’un patron de défense, pas d’un simple renfort d’appoint.

En voilà une nouvelle qui va faire du bruit du côté du Stadium. Deux saisons pleines, une présence aérienne redoutable, un tempérament de guerrier — les supporters violets voyaient en lui le socle de la reconstruction. La pilule sera dure à avaler.

Reste à voir comment Toulouse compensera ce départ. Le club dispose désormais d’un matelas financier confortable pour se réarmer, et plusieurs pistes défensives circulent déjà. Le feuilleton, lui, n’est peut-être pas tout à fait terminé.

Pour Rennes, en revanche, les dés sont jetés. Après un exercice décevant, les Rouge et Noir frappent fort. Très fort, même.