Après un été éprouvant, l’agriculture française compte ses pertes. Face à l’urgence, les consommateurs sont appelés à se mobiliser : acheter français, accepter des fruits et légumes "moches", payer parfois un peu plus cher. Mais jusqu’où pouvons-nous aider nos agriculteurs ?

Des légumes plus petits, parfois abîmés, et souvent plus chers : les conséquences de l’été commencent à se voir dans les rayons de nos enseignes alimentaires. Après des canicules successives, aggravées par la sécheresse, de nombreuses exploitations agricoles font face à des récoltes en forte baisse. La FNSEA estime à plus de 10 milliards d’euros les pertes liées aux aléas climatiques de cet été et alerte désormais sur la survie de certaines exploitations.

En attendant les mesures de soutien que la Ministre de l'Agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire de France Annie Genevard devait initialement annoncer ce jeudi - des annonces décalées a priori de quelques jours - une partie de la réponse pourrait-elle venir de nos caddies ? Dans certains supermarchés, les critères de taille ou d’apparence ont déjà été assouplis pour permettre aux producteurs d’écouler leurs récoltes. Les fruits et légumes « moches » font leur retour sur les étals et certaines enseignes préviennent leurs clients : les prix vont augmenter.

Acheter français, privilégier les produits de saison, accepter une courgette plus petite ou une pomme moins parfaite, consentir parfois à payer quelques centimes supplémentaires : sommes-nous prêts à cet effort de solidarité ? Une question d’autant plus délicate que, pour beaucoup de ménages, le pouvoir d’achat impose déjà de difficiles arbitrages au moment de faire les courses.

Et surtout, cet effort ne peut pas reposer uniquement sur les consommateurs. Si nous payons plus cher, l’agriculteur est-il réellement mieux rémunéré ? Derrière le prix affiché en rayon se pose la question du partage de la valeur entre producteurs, industriels et grande distribution, des marges de chacun et de l’efficacité des lois censées garantir un revenu plus juste aux agriculteurs.

Alors, avez-vous changé votre façon de consommer pour soutenir les agriculteurs ? Regardez-vous davantage l’origine des produits ? Êtes-vous prêts à acheter français même lorsque c’est plus cher, ou des fruits et légumes moins beaux ? Jusqu’où pouvez-vous faire un effort sans sacrifier votre propre pouvoir d’achat ? Et au fond, est-ce vraiment selon vous aux consommateurs de sauver l’agriculture française ?