"Dans ces murs ce n'est pas mon ami, je suis son n+1": la mise au point de Leca sur la promotion de Cahuzac à Lens
Après l'éviction de Dino Toppmöller, Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca ont répondu au "procès d'intention" sur l'amitié entre le directeur sportif et Yannick Cahuzac, propulsé entraîneur numéro 1 du RC Lens.
"Rien n'est calculé." C'est en substance le message que voulaient faire passer Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca, présents face à la presse ce jeudi pour revenir en détail sur les derniers jours mouvementés au RC Lens. Mardi, le club artésien a pris la décision de se séparer de Dino Toppmöller, arrivé cet été pour prendre la succession de Pierre Sage.
Yannick Cahuzac, adjoint, a été propulsé entraîneur N°1. Alors que des discordes au sein du staff ont été mises en avant pour expliquer l'éviction de Toppmöller, cette promotion a pu soulever quelques interrogations de la part de nombreux observateurs, Cahuzac étant très proche de Jean-Louis Leca, le directeur sportif.
Devant les médias, Benjamin Parrot a confirmé qu'un "mur s'était créé" entre deux parties du staff, les techniciens étrangers d'un côté et "lensois" de l'autre. Mais le directeur général a tenu a effectué une mise au point sur "le procès d'intention" fait à Jean-Louis Leca.
"Moi, je ne parle pas de 'Cahu', je parle de Yannick Cahuzac"
"On parle beaucoup de 'Cahu', l'ami intime de Jean-Louis. Oui, Yannick et Jean-Louis ont partagé une enfance et beaucoup de souvenirs heureux. Mais moi, je ne parle pas de 'Cahu', je parle de Yannick Cahuzac, une valeur montante du coaching qui a travaillé auprès de Franck Haise, de Régis Le Bris", a détaillé Benjamin Parrot. "Quand Yannick a intégré le club, bien sûr que dans notre réflexion il pouvait être un jour (il insiste) le coach de l'équipe première du RC Lens. Ce n'était absolument pas dans les plans, mais quand il y a une non-convergence de deux visions du football et que vous optez pour l'une - les fondamentaux lensois -, c'est le choix le plus naturel de faire appel vers lui."
"Je veux bien qu'on nous fasse des procès d'intention, mais je ne veux pas qu'il y ait d'accusations de choses qui ont été faites délibérément, sciemment", a insisté Benjamin Parrot. "Ce n'est pas du tout le cas. On parle beaucoup de Jean-Louis, mais quand on parle de lui, on parle de moi et du club. C'est un directeur sportif qui est au cœur d'une organisation et son choix, c'est mon choix, c'est celui d'Oughourlian. C'est méconnaître le fonctionnement du RC Lens de penser que Jean-Louis n'ait pas pu être dans une forme de morale et surtout qu'une décision ait pu être prise de manière anticipée et calculée. On a agi en réaction. J'ai vu un directeur sportif qui a tout donné pour son coach (Toppmöller), qui a tout fait pour le protéger, qui a mis tous ses sens au service d'un groupe."
Leca: "Dans ces murs, je suis son n+1"
Jean-Louis Leca a emboîté le pas de son directeur général, d'abord en listant toutes les qualités de Yannick Cahuzac: "Ça nous semblait légitime qu'un adjoint qui a été capitaine du club, qui a été façonné par Franck Haise, Régis Le Bris, qui sont aujourd'hui dans les cinq meilleurs entraîneurs français et pas forcément quatrième ou cinquième, qui a été l'année dernière l'entraîneur adjoint d'un entraîneur nommé aux Trophée UNFP (Olivier Pantaloni, NDLR) et qui connaît ce qu'est le RC Lens, ce que les gens en attendent dans l'intensité, ça nous semblait évident à ce moment-là que c'était la bonne personne pour reprendre le fil de ce qu'on était en train de perdre", a-t-il plaidé. Avant de revenir en détail sur son lien avec le nouvel entraîneur numéro 1 des Sang et Or.
"Est-ce que ça me blesse qu'on réduise sa nomination au lien qu'on a? Je comprends que les gens puissent penser ça. Mais on ne peut pas passer à il y a quatre mois et une interview à RMC (une interview de Olivier Pantaloni dans Génération After, NDLR) où tout le monde est élogieux sur Yannick en disant qu'il va devenir un super entraîneur français à maintenant 'c'est son copain'", a-t-il poursuivi. Je veux juste que tout le monde garde de la lucidité sur les choses. Oui, c'est mon ami, il n'y a pas de problème. Mais dans ces murs, ce n'est pas mon ami. Dans ces murs, je suis son n+1 et Ben (Benjamin Parrot) est mon n+1. Quand on va sortir, je n'ai pas de problème à ce qu'on mange ensemble si on doit manger ensemble. C'est mon passé."
"Cette situation, je l'ai déjà connue ici. En 2019, quand Flo (Florent Ghisolfi) et Yannick sont arrivés, la situation c'était déjà 'il fait venir ses copains'. L'histoire a dit que mes copains n'avaient pas trop mal travaillé. Je veux bien qu'on me fasse des procès d'intention, mais sur des choses vraies. Après, on n'empêchera jamais les gens de parler, ça fait partie du métier", a conclu Jean-Louis Leca.
Passé quelques minutes après devant la presse, Yannick Cahuzac a lui aussi balayé les accusations de copinage. "Non (ça ne m'agace pas qu'on me réduise à ça), mais ça me déçoit pour l'institution, pour le RC Lens", a-t-il soufflé. "Jean-Louis n'est pas le seul aux commandes, il y a des gens au-dessus de lui. Il n'est pas fou, il ne prendrait pas quelqu'un qui n'a pas de compétences. Ça me déçoit plus par rapport au club que par rapport à moi, moi je suis concentré sur mes objectifs."
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