Ajouter aux sources préférées sur Google La vedette de « La Momie », star mondiale un moment au fond du gouffre mais en plein come-back, incarne Ike dans un film évoquant les trois jours précédant le D-Day. Rencontre avec un acteur en mission, au festival du cinéma américain de Deauville.

Invité vedette du festival du cinéma américain de Deauville ce week-end, l’américano-canadien Brendan Fraser aurait adoré visiter les plages du Débarquement de Normandie. « Malheureusement, je n’aurai pas le temps. Dès lundi matin, je dois être aux studios Sky de Londres pour le tournage de “La Momie 4”, s’excuse-t-il. Souhaitez-moi bonne chance, je vais encore me battre contre une momie. Même si j’en suis délicieusement ravi ! »

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La star sourit mais la mémoire des soldats alliés du D-Day ne le laisse pas indifférent. Brendan Fraser foule les planches de Deauville pour présenter Pressure, drame intense où il incarne un général Eisenhower en plein dilemme. Nous sommes au QG allié en Angleterre, en 1944, trois jours avant le D-Day prévu pour le 5 juin. Un météorologue britannique va cependant le contredire, prévoyant une tempête incompatible avec une offensive, au contraire d’autres experts. « Je ne savais pas que les Alliés avaient dû composer avec la tempête, que le 6 juin était initialement le 5 juin, et que ça devait même être potentiellement le 18 juin, quand les marées et la lune se calmeraient. »

« Beaucoup de pression »

Au milieu de cette bataille scientifique, Eisenhower a dû trancher. « C’est un soldat qui n’a jamais tiré un seul coup de feu au combat de toute sa carrière. Mais il avait des talents de stratège et de diplomate. Une figure paternelle, très préoccupée par le sort de ses hommes, surtout 72 heures avant le plus grand assaut amphibie jamais organisé au monde. J’ai appris tout ce que je pouvais. J’ai lu Howard Zinn(fameux historien américain). J’ai écouté des podcasts. Et oui, bien sûr, j’ai vu “Il faut sauver le soldat Ryan”. Mais ensuite, je me suis accordé une pause, je ne pouvais être redevable de toutes les informations que j’avais apprises. Ce que j’avais besoin de savoir pour jouer le rôle était également présent dans le scénario. » Un script issu d’une pièce de théâtre, aux airs de huis clos tendu.

D’autant plus que, quelques semaines auparavant, un exercice militaire de répétition avait tourné au fiasco, faisant de nombreuses victimes (l’opération Tigre). « Eisenhower avait un charisme naturel, quelque chose de magnétique, mais il se sentait coupable, il éprouvait un sentiment de haine pour les erreurs commises. Le D-Day lui mettait beaucoup de pression… terme qui n’est pas utilisé ici que pour une question de météo. »

Brendan Fraser dans le rôle d’Eisenhower dans « Pressure ».
Brendan Fraser dans le rôle d’Eisenhower dans « Pressure ». - Photo Alex Bailey - StudioCanal

Brendan Fraser prête donc à Ike (surnom du général) ses traits et sa silhouette massive. « Je me suis rasé la tête. Je crois que je suis plus grand qu’il ne l’était. L’uniforme définit aussi à bien des égards la façon dont nous projetons notre pouvoir. Mais ce pouvoir vient des acteurs avec qui on travaille. Shakespeare l’a expliqué. Ça n’est pas l’acteur qui joue un roi. C’est la façon dont ceux qui l’entourent qui font de lui un roi, ils décident de la dynamique du pouvoir. »

« Mérite-le ! »

Pour son acteur principal, Pressure ne se résume pas à un film de guerre : « C’est une mise en garde sur ce que nous allons devenir si nous ignorons des forces qui nous dépassent. Il s’agit ici de recueillir l’opinion des experts et de les respecter, sans négliger la science, sans perdre la raison. Ignorer les forces de la nature se fait à nos risques et périls. Il existe quelque chose de plus grand que nous. C’est une leçon d’humilité. J’ai ressenti un sentiment d’obligation en entreprenant ce projet. »

Brendan Fraser dans le rôle du général Eisenhower, face à un dilemme, à quelques jours du débarquement en Normandie.
Brendan Fraser dans le rôle du général Eisenhower, face à un dilemme, à quelques jours du débarquement en Normandie. - Photo Alex Bailey - StudioCanal

Des mots qui reviennent également quand on interroge la star sur les récompenses qu’il accumule depuis quelques années. Lui… la vedette qui a explosé grâce à son rôle d’aventurier bondissant dans la saga La Momie (1999 à 2008) ou dans Voyage au centre de la Terre. Puis, la confession publique révélant qu’il a été victime d’agression sexuelle, la dépression, la parenthèse artistique… Avant le retour, chez Martin Scorsese, Steven Soderbergh, ou Darren Aronofsky dans The Whale, qui lui vaut un Oscar en 2023. À Deauville aussi, à 57 ans, il va recevoir une récompense pour sa carrière. « Je me dis : “mérite-le” ! C’est une responsabilité envers moi-même. Je pense qu’il me reste encore quelques films à faire. » Notamment un nouveau combat contre la momie !

« Pressure », sortie ce mercredi 9 septembre.

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Normandie Deauville (Calvados)

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