Dans les coulisses de la formation des conducteurs du TEC Hainaut, qui engage une cinquantaine de chauffeurs chaque année
Ils aiment conduire mais, plus encore, ils aiment rendre service. Chaque année, une cinquantaine de personnes passent par les bancs du centre de formation du TEC afin d'apprendre un nouveau métier, celui de conducteur de bus. Entre les premiers apprentissages théoriques et la prise en charge des premiers passagers, six semaines s'écoulent. Si la majorité des candidats décrochent in fine le précieux sésame, d'autres se rendront à l'évidence et renonceront. Ne devient en effet pas conducteur qui veut.
"Ce n'est pas un métier qui correspond à tout le monde" annonce d'emblée Stanislas Grulois, responsable du centre de formation. "Il est déjà arrivé qu'une fois au volant, le candidat panique et bloque totalement. Heureusement, c'est plutôt rare ! Nous faisons notre maximum pour accompagner les candidats vers la réussite. Nous tournons d'ailleurs autour des 90 % de réussite." Une bonne nouvelle puisque les besoins en effectifs restent importants, notamment pour remplacer les départs naturels.

Depuis le début de cette année 2026, 35 conducteurs ont déjà été recrutés. Dix sont actuellement en formation et devraient être opérationnels en septembre, s'ils réussissent leurs examens et poursuivent le processus. "Les profils sont multiples. Nous accueillons parfois des jeunes qui rêvent de ce métier depuis toujours et qui attendent de remplir les conditions. D'autres sont en reconversion professionnelle ou cherchent de la stabilité après avoir enchaîné les contrats précaires."
Ils ont en revanche tous un point commun. "Ce sont des gens qui cherchent à donner du sens à leur métier. C'est le cas lorsque l'on devient chauffeur", soulignent Jean-Marc Levêque et Régis Guillot, formateurs-moniteurs. "Transporter des gens vers leur lieu de travail, des étudiants à l'école, une personne à mobilité réduite pour qui les transports en commun sont la seule alternative de déplacement… Les candidats aiment le contact avec la clientèle et souhaitent rendre service."

Des qualités indispensables, auxquelles s'ajoutent une bonne gestion du stress et des altercations, ainsi que la volonté de bien faire. "Conduire un bus, c'est tout à fait différent de conduire une voiture. Bien souvent d'ailleurs, nous devons revoir certaines bases et déconstruire des habitudes d'automobilistes", poursuivent les deux formateurs. "Mais si le candidat est attentif, prend en compte nos conseils et reste de bonne volonté, tout se passe bien."
Formation continue
Au total, les candidats devront réussir six examens, soit quatre théoriques et deux pratiques, et auront deux chances pour ce faire. Tous les cinq ans, ils devront également renouveler leur certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Pour le Hainaut, les candidats doivent tous être en mesure de conduire un bus articulé (18 mètres de long, contre 12 pour un bus "classique"), majoritaire dans la flotte (70 % contre 30 % pour les bus classiques). "Ensuite, ils bénéficient d'une formation continue et profitent d'une transition en douceur entre le centre de formation et le dépôt grâce à un manager de proximité qui aura, en quelque sorte, un rôle de parrain", souligne Stanislas Grulois.
"Quel est son ressenti, quelles sont ses attentes et craintes, comment se passe son intégration au dépôt… Cela évite que les candidats soient du jour au lendemain livrés à eux-mêmes." L'accompagnement est souvent souligné par les apprenants dès le début de la formation. "C'est très instructif, c'est théorique mais pas seulement et nous apprenons même des choses que l'on pensait déjà savoir. C'est rapide, aussi. Je me sens serein et soutenu par les formateurs", confirme Laurent Fieuw, candidat en reconversion qui présentera son permis théorique ce jeudi.
Notons que la formation chez le TEC s'adresse à toute personne âgée d'au moins 21 ans, titulaire du permis B. La formation est financièrement prise en charge par le TEC. Huit à dix sessions sont organisées en Hainaut chaque année, pour un maximum de huit personnes.