Rien dans la vitrine ni dans les bureaux de l’agence de voyages TMR, à Marseille, ne permet de la distinguer des autres officines. Affiches de paysages exotiques, brochures en papier glacé vendant du rêve ensoleillé. Rien d’inhabituel… Sauf les clients : essentiellement des professions libérales fortunées, patrons d’entreprise, stars du cinéma ou de la télévision. Mais à part Claude Lellouch, qui avait filmé les coulisses de la croisière Jazz’en Mer en 2020 avec Monica Bellucci, l’identité de ces VIP reste confidentielle.

Leur destination ? Ultrasélective. TMR ne propose que deux voyages par an, une croisière de luxe sur un paquebot privatisé et un tour du monde en avion spécialement affrété.

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A l’origine de sa création, un entrepreneur vendéen iconoclaste, Jean-Maurice Ravon, qui décide au début des années 1970 d’organiser des voyages d’études en URSS pour des médecins curieux d’y étudier le système de santé. Et d’y emmener leurs femmes. « C’était complètement hors cadre, on m’a regardé de haut, mais j’ai fait dix-sept voyages là-bas et c’était très rentable ! Dès le départ, j’ai fait les choses que les autres ne faisaient pas », se vante-t-il aujourd’hui.

Des escales « mythiques »

Un soir d’hiver, en 1987, il se rend dans les bureaux des Champs-Elysées du PDG d’Air France et lui offre 5 millions de francs pour louer le Concorde pour un tour du monde grand luxe. Banco. Il recommencera l’année suivante. Mais vise parfois un peu haut : en 1998, il vend une minicroisière promettant un dîner au Festival de Cannes avec Gérard Depardieu et Francis Ford Coppola. Las ! Tout est annulé en dernière minute. Les passagers portent plainte pour publicité mensongère, font condamner Jean Maurice Ravon en 2003 qui, cependant, gagnera en appel en 2021.

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Aujourd’hui, les tours ne se font plus à bord du Concorde, mais l’esprit est resté le même. Deux escales sont invariablement programmées, l’île de Pâques et Tahiti, « mythiques et incontournables, assure Jean-Christophe Martinet, le responsable marketing. Pour les autres, nous pouvons alterner : parfois La Havane (Cuba) et Mérida (dans le Yucatán, au Mexique), parfois Rio puis les chutes d’Iguaçu, en Argentine. Parfois Singapour plutôt que le Cambodge… » Le voyage ne se limite pas à la destination. A Sydney, l’Opéra se privatise pour un dîner d’exception ; à Angkor, le temple s’ouvre pour un repas intimiste, ponctué d’un spectacle traditionnel.

Boeing 777 affrété par TMR pour le tour du monde de 2024. Coût du voyage : 21 900 à 68 900 euros par personne.

Certes, pour faire partie des 180 voyageurs qui grimperont dans l’A340 affrété par TMR pour le 51e tour du monde, de novembre à décembre prochain, il faut avoir les moyens : à partir de 21 900 euros par personne et 68 900 euros en catégorie premium. Au programme ? Vingt et un jours, cinq continents et neuf escales dans des palaces à Tahiti, Rio, sur l’île de Pâques ou à Samarcande (Ouzbékistan).