Delphine Nkansa, médaillée de bronze à l’Euro d’athlétisme : « Je ne suis pas une sprinteuse du dimanche, en fait ! »
La sprinteuse de l’Excelsior a décroché le bronze sur 100 m à l’Euro de Birmingham. Un résultat épatant pour une Belge, vingt ans après le sacre de Kim Gevaert, qui l’a remplie de joie.

Journaliste au pôle Sports Par Philippe Vande Weyer Publié le 10/08/2026 à 23:34 Temps de lecture: 4 min
Envoyé spécial à Birmingham
On attendait ça depuis 2006 et le 100 m victorieux de Kim Gevaert à Göteborg, premier volet d’un fabuleux doublé complété avec un deuxième titre sur 200 m. Vingt ans plus tard, une autre Belge est (enfin) montée sur le podium européen de l’épreuve la plus médiatique et sans doute la plus prestigieuse, cette ligne droite qui fait tellement fantasmer.
A 24 ans, Delphine Nkansa a accompli le chef-d’œuvre de sa jeune carrière alors que personne, même pas elle, ne l’avait vu venir. La petite bombe de Sambreville, qui a grandi à Lisbonne puis à Paris, et qui n’a couru pour la première fois en Belgique que lors du « national » 2022, où elle avait remporté le 200 m et fini deuxième derrière Rani Rosius sur 100 m, a décroché une incroyable médaille de bronze à Birmingham, au terme d’une finale que l’on a longtemps pensé perdue. Une finale qu’elle a magistralement sauvée dans les vingt derniers mètres, revenant d’on ne sait où pour finir à une improbable troisième place en 11.06, un nouveau record personnel, derrière la Britannique Amy Hunt (11.00) et la Polonaise Ewa Swoboda (11.02), en se « cassant » comme une vraie routinière.
« Je me suis dit : “Tu fais quoi, là” ? »
« En demi-finales, j’avais senti que mon ischio se tendait un peu et j’avais contrôlé… tout en terminant en 11.10 ! Je l’ai bien soigné lors de l’échauffement avant la finale parce que j’avais peur qu’il pète et que je me loupe. En rentrant sur la piste, je me suis dit : “Tu fais quoi, là ?” Je n’y croyais pas trop avec tous les avions de chasse qu’il y avait à côté de moi. Du coup, j’ai couru le cerveau débranché, sans regarder à gauche et à droite pour la première fois. Juste sur la fin, j’ai vu la Suissesse Géraldine Di Tizio-Frey et je me dis : “Allez, je vais essayer de casser”. Mais de là à faire troisième… après m’être dit que j’allais me blesser. Il m’a fallu une bonne minute ou deux pour comprendre ce qui s’était passé. Ce n’était pas prévu d’avoir une médaille, mais je prends ! Je ne réalise pas encore. Je suis sur le podium avec Amy Hunt et Ewa Swoboda et j’ai battu des vraies sprinteuses. Je ne suis pas une sprinteuse du dimanche, en fait ! »
L’an dernier, après avoir loupé la qualification pour les Mondiaux de Tokyo, j’ai pensé arrêter
Sa breloque de bronze, qu’elle ira chercher ce mardi, est l’apothéose de la saison la plus aboutie de sa carrière, celle où elle a égalé puis battu son record personnel à cinq reprises, passant de 11.20 à 11.06, une progression qui mérite le respect et qui la place désormais à deux petits centièmes de Gevaert dans la hiérarchie belge.
« Depuis 2024, j’étais déjà dans ces chronos-là à l’entraînement mais vu que mentalement, ça n’allait pas, ça ne sortait pas du tout. Quand j’ai commencé à faire de beaux temps cette année, je me suis dit que je pouvais aller chercher les 11.00, un truc en finale des championnats d’Europe. Mais entre le dire et le faire, il y a un monde. Il faut y croire, y croire, y croire ! Et ça a marché. »
Elle était arrivée en pleine confiance en Angleterre, même si, comme d’habitude, rien ne s’était déroulé normalement pour elle en ce premier jour de compétition. On se souvient qu’en 2023, aux Mondiaux de Budapest, elle avait réussi à oublier son maillot en se rendant au stade pour les séries. Ici, ce matin, elle avait loupé le bus « après une nuit où je n’avais pas très bien dormi. J’étais arrivée assez stressée. » Mais en séries, elle avait quand même couru en 11.07. « Avec ce chrono, je peux rêver de tout ! », avait-elle dit alors.

Deuxième de sa demi-finale un peu plus tard, et ainsi qualifiée pour son premier grand rendez-vous international en plein air, au contraire de Rani Rosius, qui avait dû baisser pavillon en demi en 11.24, elle ne pensait pas si bien dire !
« Il y a deux ans, j’avais peur d’aller sur une ligne de départ »
Sa médaille devrait lui faire beaucoup de bien après une période très difficile. « Je me dis que je suis sur la bonne route et que j’ai un bon staff parce que l’an dernier, après avoir loupé la qualification pour les Mondiaux de Tokyo, j’ai pensé arrêter. J’avais peur d’aller sur une ligne de départ, j’avais peur de perdre, de ne plus y arriver ; c’est une blessure invisible en fait. Et puis, j’ai pris une psy, j’ai travaillé mentalement et ça a été très dur. Mais rebondir si vite, à deux ans des Jeux, je me dis que je suis sur la bonne voie ! »
Contenus sponsorisés
Le fil info
La Une Tous
Voir tout le Fil info
Aussi en Athlétisme
Athlétisme : Ilona Masson et Saliyya, et deux qui font trois !
Les deux triple sauteuses belges se sont qualifiées pour la finale de l’Euro, la première dès son premier essai, la deuxième en battant son record personnel. La suite, vite ! Par Philippe Vande Weyer
Euro d’athlétisme : Delphine Nkansa décroche la médaille de bronze sur 100m, la Belge Yanla Ndjip-Nyemeck passe en demi-finales sur 100m haies
A l’Euro d’athlétisme, un premier tour loin de faire l’unanimité
Euro d’athlétisme : Simon Verherstraeten, le sprinteur belge prêt à plonger à moins 10
Par Philippe Vande Weyer
Euro d’athlétisme : ces vrais amateurs qui colorent la délégation belge
Par Philippe Vande WeyerVoir plus d’articles
Sélectionné pour vous
Le meilleur de l’actu
Inscrivez-vous aux newsletters
Je m'inscris
À la Une
Delphine Nkansa, médaillée de bronze à l’Euro d’athlétisme : « Je ne suis pas une sprinteuse du dimanche, en fait ! »
Par Philippe Vande Weyer
Séisme en Colombie : au moins 111 morts, l’état d’urgence décrété
Entretien Thierry Breton : « Ceuta coche toutes les cases d’une attaque hybride »
Par Pauline Hofmann
Vu des coulisses Georges-Louis Bouchez prépare-t-il déjà l’après-politique ?
Par Martine Dubuisson
L’été 2026 fait suffoquer l’Europe et surchauffer les océans
Par Bernard Padoan (avec AFP)
Les cours du pétrole bondissent de 5 %
VacancesWeb
À 4h de la Belgique, ce coin de Normandie est un vrai bol d’air
Voir les articles de VacancesWeb