« Denshattack ! », le test : le jeu vidéo qui y met plein d’entrain
Ajouter aux sources préférées sur Google
C’est l’un des jeux indépendants de cet été, voire de l’année : des courses de train hyper colorées, qui récompensent les tricks comme le ferait un jeu de skate-board. En plus d’une vraie madeleine de Proust pour les joueurs des années 2000.C’est à lui de vous faire préférer le train ! On vous prévient, ce ne sera pas la seule référence aux années 2000 qui va tomber ici. Dès les premières images de Denshattack !, et comme de nombreux observateurs du jeu vidéo l’ont dit avant nous, on s’est cru de retour dans la période Dreamcast. Console maudite de Sega, et évidemment culte, elle savait ce qu’exploser la palette de couleurs voulait dire, et avait une vision bien pensée du fun manette en main.
Le train, donc. Pas le TER en retard en gare de Lille ou l’Ouigo en grève, que nenni. Le train est ici un mode de transport peu commun, mais qui vous transporte : on le fait participer à des courses acrobatiques dans un Japon futuriste qui a mal tourné. Le denshattack, c’est le nom de ces courses clandestines, reprend ce que Need for Speed posait comme préambule : tant qu’on ne se fait pas choper, on fait ce que l’on veut. Une méga corporation a tout mis sous cloche, d’autres concurrents ont les dents longues, on est presque en terrain connu !
Livin’ la vida loco
Difficile, en fait, d’expliquer avec le sens de la profondeur et de la cohérence le script de ce jeu. La locomotive tire un peu le scénario de Denshattack ! par les cheveux, mais elle est sous vitamines. On est ici dans une appli où le talent, le skill, la musculature et le temps de latence des pouces et des index fait la différence. Les Espagnols d’Undercoders, à la programmation, et les éditeurs de Fireshine, basés au Royaume-Uni, lâchent un petit cocktail arcade qui ne manque pas de saveur.
Le jeu baigne dans une exactitude relative de la géographie du Japon, le côté uchronique du scénario aidant beaucoup, et aussi dans une affection pour le pays du Soleil Levant qui devrait être consensuelle sous nos latitudes. On dirige Mina, la livreuse de ramen en pantalon baggy, qui doit, grâce à vous, grimper les échelons de ces courses effrénées de denshattack. Des courses dans lesquelles, ne nous demandez pas comment, le wagon saute, pirouette, et détruit joyeusement le mobilier urbain ou les installations d’entreprises corrompues. Les voies ferrées étant pourvues de ce qu’il faut de tremplins mais aussi de voies parallèles à rail unique où il s’agira pour vous de grinder, rester en équilibre sous peine de vous crasher au sol.
Du skateboard au runner
Improbable, tout cela, non ? Et pourtant, on se sent assez vite à l’aise. Les inspirations de ce qui est déjà un succès indé de l’été viennent notamment des runners, ces petits jeux où l’on dirige un personnage lancé à toute vapeur sur des sentiers piégés, comme Temple run sur mobile, car comme dans ce dernier, certaines voies ont des impasses, des obstacles, etc. Et qu’il est inacceptable, pour ne pas dire impossible, de miser sur trop de freinages ou l’arrêt du wagon pour faire une pause.
Comme tout le monde, les saveurs visuelles de Crazy Taxi ne nous ont pas échappé, en raison des aplats de couleurs franches qui ne sont pas loin de certaines publicités pour des produits coiffants des années 2000. Et, évidemment, impossible d’écarter du palais mental des développeurs des jeux de skateboard du style Tony Hawk. Votre train est comme une planche à roulettes, avec son tableau des tricks et diverses figures aériennes relativement simples à effectuer, l’adrénaline de la course et de son élan irrésistible compliquant les choses.
Une maniabilité irréprochable
Chaque acrobatie réussie, chaque virage négocié à la perfection, chaque objectif optionnel amenant des points, c’est la course au meilleur score qui se joue, davantage que la progression dans le scénario, plus ou moins assurée si l’on fait preuve d’un minimum de constance et de persévérance. On touche au cœur de l’expérience Denshattack ! : la maniabilité se montre irréprochable, elle récompense votre habileté, sanctionne vos manques de réflexes, mais sans jamais que le jeu devienne punitif.
Si jamais vous vous écrasez en contrebas de l’une des voies ferrées, le jeu reprend en effet systématiquement à quelques centaines de mètres de votre lieu d’accident. Si l’on ajoute que les courses ne sont pas les seules activités du jeu, des subtilités de jouabilité, comme des tâches à accomplir sur un circuit, s’y ajoutant au fur et à mesure de la progression, le jeu s’avère plus profond que son postulat de départ. Une très bonne pioche, acidulée comme ses graphismes : à longues sessions, on peut en avoir mal au ventre, mais on a quand même envie d’y revenir très souvent.
On aime :
Une jouabilité impeccable, essentielle pour ce type de jeux
Une signature visuelle à la fois rétro et moderne, très dynamique
Un concept qui ne s’avère jamais punitif
On aime moins :
Quelques scories visuelles quand on en demande trop aux graphismes
Plus agréable à petites doses, ce que permet le scénario
On imagine avec envie ce qu’aurait donné un petit multi local
La note : 16/20
Un jeu Undercoders / Fireshine, sur PS5, Switch 2, XBOX (Game Pass) et PC, env. 20 €. PEGI 12.
Contenus sponsorisés
A lire aussi
« Marvel Tokon fighting Souls », le test : les quatuors s’accordent !
« Gobliiins Collection », le test : le jeu qui savait faire nain porte quoi
Oubliez les concerts, c’est « Wolverine » sur PS5 qui va vous faire crier le plus fort à Rock en Seine
Voir plus d’articles