C’est face aux champions de la Coupe Stanley que le Canadien entame mardi soir son calendrier local. Ça ne saurait tomber à un meilleur moment pour l’aider à se réaligner.

Le CH est allé chercher trois points sur une possibilité de quatre lors de son premier voyage et, de l’avis des joueurs, ils ont joué cinq bonnes périodes sur six. Le deuxième vingt désastreux face aux Penguins de Pittsburgh, samedi, ne doit pas suffire à trop noircir le portrait.

Je pense qu’on a dominé la majeure partie du match à Pittsburgh, mais on l’a malheureusement perdu, a dit le capitaine Nick Suzuki. C’est clair qu’on s’est mis dans une situation difficile et qu’on a eu de la chance de décrocher un point. On est plutôt satisfaits en tant que groupe, mais on ne doit surtout pas s’asseoir sur nos lauriers.

En même temps, l’occasion d’affronter les Hurricanes de la Caroline forcera le Canadien à être plus méthodique et plus alerte dans sa façon de jouer. D’être mis au défi si tôt en saison par l’équipe qui l’a éliminé le printemps dernier pourrait s’avérer une façon de mettre de bonnes habitudes en pratique tôt dans la campagne.

Les Hurricanes ont un système de jeu extrêmement bien rodé, c’est une équipe qui s’applique dans les plus petits détails du jeu, et qui demande qu’un adversaire ait toute sa cohésion pour parvenir à la battre.

Malgré les trois points sur quatre, le Canadien n’a pas présenté sa version la plus rodée jusqu’à maintenant. Le trio de Jake Evans, Zachary Bolduc et Josh Anderson est le seul à avoir eu deux matchs convaincants de suite, pendant que des erreurs en défense ainsi qu’une prestation en dents de scie de Jakub Dobes ont fait mal en deuxième période face aux Penguins.

Dans l’immédiat, il faut améliorer notre jeu en deuxième période, a déclaré le défenseur Lane Hutson. Et puis, à terme, on peut se concentrer autant qu’on le veut sur l’attaque, mais si on se préoccupe de notre défense et qu’on s’assure de ne pas en donner trop à l’adversaire, notre attaque va suivre d’elle-même.

Risque et récompense

Les actions téméraires et les revirements ont mené à des chances de marquer pour l’adversaire, particulièrement lors du dernier match.

Un peu d’obstination aussi, particulièrement au sein du trio que forment Juraj Slafkovsky, Alex Newhook et Ivan Demidov.

Le Russe a raté l’entraînement de lundi afin de subir des traitements. On sait que Demidov s’est blessé à un pied en bloquant un lancer lors du match Kraft Hockeyville à Trois-Rivières et qu’il a dû rater le dernier match préparatoire. Il n’est probablement pas au sommet de sa forme en ce début de saison.

Mais à entendre Martin St-Louis, d’autres facteurs expliquent l’inefficacité de son unité lors des deux premiers matchs.

Selon lui, le deuxième trio du Canadien doit reconnaître que se porter en échec avant et placer des rondelles profondément en zone adverse peut être plus judicieux que de se lancer impatiemment en contre-attaque quand la situation ne l’invite pas.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Il y a des soirs où des équipes moins disciplinées et plus têtues vont te donner beaucoup d’occasions de contre-attaque parce qu’elles vont faire des revirements, a expliqué l'entraîneur-chef. Mais il y a des équipes très disciplinées qui ne t’en donnent pas. Demain, il n’y en aura pas beaucoup. Alors il ne faut pas être têtu et jouer profondément. C’est beaucoup d’actions ordinaires répétées l’une après l’autre.

St-Louis n’a rien dit sur la place publique dont il n’avait pas déjà fait part à ses ouailles. Ce n’est pas un hasard si Slafkovsky a entonné le même refrain et lui aussi admis l’importance d’un bon échec avant et d’une présence en fond de territoire ennemi.

Mais, un peu comme l’équipe qui voit le verre à moitié plein après cinq bonnes périodes sur six, Slaf n’est pas mécontent de la façon dont les choses se passent en lever de rideau.

Peut-être qu’on n’a pas passé assez de temps en zone offensive; on pourrait sûrement s’améliorer en tant que trio à prolonger nos présences en zone offensive et à tirer davantage au but, a tout de même déclaré Slafkovsky.

On a l’habitude de disputer 82 matchs. Eh bien, il nous en reste encore 82 à jouer!

Suzuki a convenu que la tentation pouvait être forte chez les joueurs de talent de vouloir briller et prendre le contrôle d’un match dans des situations qui réclament plus de simplicité et de patience.

Pour moi, tout est une question de rapport risque/récompense, a fait valoir Suzuki. Parfois, les joueurs talentueux veulent faire la différence à chaque instant, mais quelle est la récompense au bout du compte par rapport au risque de perdre la rondelle et de voir l’adversaire partir dans l’autre sens? Je pense que c’est un équilibre que chaque joueur doit trouver lui-même, et c’est un peu comme ça que j’aborde la plupart des situations dans lesquelles je me retrouve.

Le Canadien a la force de frappe et l’intelligence requise pour jouer du gros hockey. Mais sa meilleure chance de succès face aux Hurricanes – et d’une certaine manière, dans l’ensemble de sa saison – sera de mieux gérer le risque et d’éviter la tentation de tout vouloir tout de suite.

Aussi bien l’apprendre dès le début de saison.

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