L’ex-orphelin politique Paul St-Pierre Plamondon parvient à hisser le Parti québécois (PQ) au pouvoir, duquel il était écarté depuis plus de 12 ans. Il apporte avec lui la promesse de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, prévu en janvier 2029.

Porté par un vent de changement, le PQ obtenait en début de soirée le plus grand nombre de votes dans une cinquantaine des 127 circonscriptions du Québec. Les résultats qui arrivent au compte-goutte ne permettent toutefois pas de confirmer, au moment où ces lignes sont écrites, si M. St-Pierre Plamondon dirigera un gouvernement majoritaire (64 sièges ou plus) ou minoritaire (63 députés ou moins).

« PSPP » a demandé aux électeurs de lui donner « une réelle chance de réaliser [ses] promesses » : faire « le ménage dans le gaspillage » de l’État québécois, « débloquer de manière urgente un budget spécial pour l’itinérance », « détaxer les biens usagés », décréter une « baisse de taxes sur l’essence », « reprendr [e] le contrôle [du] système d’immigration » ainsi que de tenir des États généraux sur l’éducation.

L’homme de 49 ans surnommé « PSPP » occupera le fauteuil du premier ministre dans une Assemblée nationale largement recomposée et divisée, où des conservateurs font leur entrée.

Pas moins de cinq partis espèrent faire élire des députés au terme de la soirée : le PQ, le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ), Québec solidaire (QS) et la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le conservateur Éric Duhaime fut le premier chef à se faire élire dans sa circonscription. Celui qui a tenté à quatre reprises de se faire élire l’a finalement fait dans Bellechasse.

Il a l’objectif avoué de faire élire au moins 12 députés — nombre nécessaire pour devenir un groupe parlementaire reconnu — et bloquer une majorité du PQ. Plusieurs courses chaudes dans les régions du Centre-du-Québec et de la Capitale-Nationale se sont d’ailleurs disputées entre ces deux formations.

Après 39 jours de course où des dossiers comme la guerre commerciale avec les États-Unis, l’indépendance du Québec et le coût de la vie se sont imposés, la composition de la prochaine législature de l’Assemblée nationale sera connue dans les prochaines heures.

Deuxième dans les intentions de vote, le PLQ de Charles Milliard peut compter sur une base solide, dans la région métropolitaine, pour faire élire plus de députés que les 18 qui composaient le caucus libéral à la dissolution de l’Assemblée nationale, il y a 40 jours.

La CAQ de Christine Fréchette a connu un sursaut de popularité il y a un mois, mais celui-ci n’a pas duré bien longtemps. Les agrégateurs de sondages s’entendent pour dire que le parti qui compose le gouvernement depuis 2018 pourrait soit être rayé de la carte, soit être représenté par une mince poignée d’irréductibles caquistes. Bien loin de l’écrasante majorité dont jouissait le parti depuis 2022.

Au fil de la campagne, les idées de QS et de sa porte-parole Ruba Ghazal ont grimpé en popularité dans les sondages, mais ce ne fut pas le cas pour les intentions de vote en leur faveur. La formation de gauche espère aujourd’hui maintenir ses acquis et ne pas tomber sous le seuil des 11 députés qui représentaient QS à la dissolution de l’Assemblée nationale.

Lors du dernier décompte peu après 17 h, le taux de participation préliminaire à ces élections générales s’élevait à 45,06 %.