Au sommaire de "la planète des sciences" : des annotations manuscrites de Galilée découvertes dans un traité d'astronomie de Ptolémée, une molaire préhistorique qui révèle les compétences de dentiste des néandertaliens et une aversion des punaises de lit qui nous avait jusqu'ici échappé...

Des annotations de Galilée découvertes dans un traité d’astronomie de Ptolémée

Dans la bibliothèque nationale d’Italie à Florence, un chercheur feuilletait un très ancien exemplaire de l’Almageste, un traité d’astronomie écrit par Ptolémée au 2ème siècle, quand il s’est aperçu que l’ouvrage avait été annoté dans les marges par Galilée en personne. C’est une découverte passionnante car Ptolémée, grand savant de l’antiquité soutenait le modèle géocentrique (la terre au centre de l’univers et le soleil qui lui tourne autour). Alors que 13 siècles plus tard Galilée a défendu l’héliocentrisme (le soleil au centre et la Terre qui lui tourne autour). Ces annotations lèvent donc un coin du voile sur le cheminement de pensée qui a conduit l’astronome de la renaissance à faire voler en éclat les dogmes de son époque.

Ses annotations datent d’environ 1590, Galilée avait autour de 25 ans. Il n'avait pas encore fait ses célèbres observations de la Lune et de Jupiter. Ses notes témoignent de son profond respect pour Ptolémée, et de la méticulosité avec laquelle il a analysé et décortiqué son travail avant de le remettre en question. Ceci contredit l’idée assez répandue selon laquelle Galilée était peu intéressé par les calculs rigoureux et les détails techniques de l’astronomie.

Autre découverte notable : sur l’une des pages blanches de l’ouvrage, Galilée a recopié un psaume de la bible. Des louanges à Dieu qui peuvent sembler contradictoires avec l’image de ce savant défiant l’Église avec ses théories jugées hérétiques par l’Inquisition. Mais Galilée était croyant. Il lui a fallu dépasser ses convictions religieuses et oser contredire ses illustres prédécesseurs pour développer ses thèses révolutionnaires.

Pour en savoir plus : un article sur le site de ScienceOuverture dans un nouvel onglet

Une molaire de 59 000 ans révèle les compétences de dentiste des néandertaliens

Des archéologues russes ont découvert dans une grotte en Sibérie, la molaire d’un homme de Neandertal, présentant en son centre un trou important. Leurs analyses ont permis d’établir que cette dent a été forée en 3 étapes à l’aide de différents outils, des pierres taillées très dures et très fines.

La molaire était certainement cariée et on l’a creusée pour la soigner, probablement pas sous anesthésie mais le paléo-dentiste qui a réalisé l’intervention connaissait peut-être les propriétés antalgiques de certaines plantes. Quoi qu’il en soit le propriétaire de la dent a survécu à l’opération et a continué à s’alimenter ensuite.

La dent en question date d’environ 59 000 ans. Selon les auteurs de l’étude elle constitue de loin la plus ancienne trace de soin dentaire invasif de l’histoire de l’humanité. Et ce n’est pas sapiens mais bien Neandertal qui l’a réalisé. Cette découverte apporte une nouvelle preuve du degré de sophistication des connaissances, des compétences techniques et des capacités cognitives de nos cousins disparus.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans PLOS OneOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un article sur le site HominidésOuverture dans un nouvel onglet

Les punaises de lit ont une hantise qui nous avait échappé

Elles détestent l’eau ! Des scientifiques qui élevaient des punaises de lit dans leur laboratoire viennent de le découvrir par hasard. C’est un système d’alimentation défectueux qui leur a mis la puce à l’oreille. Constatant que les punaises évitaient une surface accidentellement mouillée, ils ont mené une série d’expériences qui a confirmé que ces insectes fuient les surfaces humides comme la peste.

Les punaises de lit ayant sur le ventre des orifices qui leur permettent de respirer, c’est le risque de mourir asphyxiées qui les conduirait à éviter l’eau. Conséquence pratique : selon les auteurs de cette étude, si on utilise un spray insecticide à base d’eau et que le produit n’agit pas instantanément, les punaises risquent de fuir les zones traitées et de se disperser ailleurs.

Ouverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel ongletPour en savoir plus : l'étude publiée dans Journal of EthologyOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un article sur le site de University of California, RiversideOuverture dans un nouvel onglet