Des études alertent sur une conséquence inquiétante liée à l'intelligence artificielle
Écrire peut sembler pénible. Il faut trouver ses mots, organiser ses idées, construire un raisonnement, formuler des phrases, se relire… L'exercice demande un effort. Et c'est justement ce qui rend le rend précieux.
Selon le New York Times, entre deux tiers et 90 % des élèves et étudiants américains utilisent déjà l'intelligence artificielle pour leur travail scolaire, notamment pour leurs devoirs d'écriture.
Face à cette évolution, certains enseignants reviennent à des méthodes plus traditionnelles : dissertations écrites à la main, examens surveillés et travaux réalisés en classe. L'objectif : éviter que les élèves ne délèguent entièrement leur rédaction à un chatbot.
Car le problème ne se résume pas à la triche ou à la qualité des textes produits par l'IA. Les professeurs veulent avant tout que les élèves se rendent compte qu'écrire ne consiste pas seulement à produire du texte, mais que cela façonne leur manière de penser.
Lorsque l'on cherche un argument, tente de formuler une idée ou découvre une contradiction dans son raisonnement, on mobilise sa mémoire, sa capacité à organiser ses pensées et son esprit critique. Le psychologue cognitiviste Ronald T. Kellogg, qui étudie depuis des années les mécanismes de l'écriture, résume cette idée ainsi : "L'écriture est une technologie de la pensée".
L'IA peut-elle nous faire perdre cet entraînement ?
Certaines recherches commencent à soulever des interrogations. Une petite étude menée par le MIT a notamment observé une activité cérébrale moins importante chez des personnes écrivant avec l'aide d'un chatbot que chez celles qui rédigeaient sans assistance. Les participants ayant utilisé l'IA avaient également davantage de difficultés à se souvenir précisément de ce qu'ils avaient écrit et ressentaient un moindre sentiment d'appropriation de leur texte.
Ces résultats ne permettent évidemment pas d'affirmer que l'IA "diminue notre intelligence". Mais ils alimentent les inquiétudes concernant les effets d'un recours fréquent à ces outils sur la pensée critique.
Pour autant, il ne s'agit pas de bannir l'IA de l'éducation. Elle peut corriger des erreurs, améliorer une formulation, aider à trouver des idées ou faciliter l'écriture. Le problème apparaît lorsque l'accompagnement devient une substitution.
L'IA peut nous aider à écrire plus vite, plus clairement et parfois même mieux. Mais écrire nous oblige aussi à réfléchir, à structurer nos idées et à comprendre ce que nous pensons réellement.
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