Avoir ses règles et ne pas pouvoir s'offrir les protections nécessaires pour les gérer dignement, c'est une réalité que de nombreuses filles et femmes vivent encore aujourd'hui en Belgique. L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes souligne, dans une recommandation publiée en 2026, que les études sur le sujet restent limitées mais que celles qui existent montrent bien l'existence de cette précarité menstruelle dans notre pays et ses conséquences sur la santé, le bien-être et la participation à la vie sociale.

À Colfontaine, une nouvelle initiative entend apporter une réponse très concrète au problème. Dès le 1er septembre, des distributeurs de serviettes hygiéniques gratuites seront installés dans trois infrastructures sportives gérées par le Centre Sportif Local Magnum. Le dispositif sera accessible au Centre Sportif Local Magnum ainsi que dans les salles scolaires Achille Dieu et Le Quesnoy. L'objectif est de permettre aux sportives, élèves, jeunes, familles et membres des clubs qui fréquentent ces lieux de disposer gratuitement de protections menstruelles.

Une précarité qui ne se limite pas au manque d'argent

Une mesure qui prend tout son sens dans les infrastructures sportives, où l'absence de protections peut également devenir un frein à la pratique d'une activité physique. La précarité menstruelle ne se résume toutefois pas à la difficulté de payer des protections. BruZelle, association belge qui lutte contre cette problématique depuis 2016, la définit comme la difficulté ou le manque d'accès aux produits menstruels, mais également comme l'absence d'informations et d'éducation adaptées ou encore de sanitaires propres, adaptés et sécurisés pour pouvoir se changer.

Les chiffres disponibles permettent de mesurer l'ampleur du problème, même si les données restent encore limitées. Une enquête menée en 2021 par iVox pour Always indiquait que 6 % des Belges âgés de 12 à 49 ans rencontraient des difficultés financières pour acheter des produits menstruels. Chez les 12-25 ans, 1 jeune sur 10 déclarait avoir déjà manqué les cours faute de moyens pour acheter des protections, soit plus de 25 000 jeunes selon cette étude. Des chiffres qui ne constituent pas une photographie exhaustive de la situation actuelle, mais qui illustrent une réalité encore trop souvent invisible.

Une conférence organisée ce jeudi

À Colfontaine, la volonté est justement de passer de la sensibilisation à une action directement accessible. C'est dans ce cadre que le Centre Sportif Local Magnum, la Commune et le CPAS de Colfontaine organisent ce jeudi 27 août une soirée consacrée à deux thématiques : l'alimentation sportive et la précarité menstruelle. La seconde partie sera animée par Juliette Lepage, coordinatrice Wallonie-Bruxelles de l'ASBL BruZelle, qui abordera cette réalité, ses conséquences et les moyens d'y répondre.

"Au-delà de la gestion et de la mise à disposition des infrastructures, l'ambition est de développer progressivement une véritable politique sportive locale associant activité physique, prévention, santé, accessibilité et cohésion sociale", expliquent les organisateurs. L'installation des distributeurs constitue ainsi la première traduction concrète de cette volonté. "L'objectif est simple : faire en sorte que l'absence de protections menstruelles ne puisse constituer un frein à la pratique sportive ou une difficulté supplémentaire dans la vie quotidienne."

La soirée débutera à 17 h 30 au Centre Sportif Local Magnum, après un accueil dès 17 heures. Elle sera également consacrée à l'alimentation et à la pratique sportive, avec l'intervention de Nathéo Defaut, conseiller en nutrition et nutrithérapeute certifié en Belgique. La conférence est gratuite et ouverte à tous. Le Centre Sportif Local Magnum, la Commune et le CPAS invitent notamment les clubs sportifs, leurs responsables, entraîneurs, encadrants, sportifs et familles à y participer.

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