Des voyageurs à l’aéroport de Montréal dénoncent le manque de…
La scène devant les kiosques d’enregistrement vides de WestJet à l’aéroport de Montréal dimanche en avant-midi était exactement ce à quoi l’on aurait pu s’attendre : des voyageurs fatigués, déçus et en colère, qui martèlent de questions le seul employé de la compagnie aérienne envoyé au front.
« J’ai les mêmes informations que vous », dit à un petit groupe attroupé autour de lui un employé de WestJet, épinglette de l’entreprise bien en vue sur sa veste.
Au-delà de leurs frustrations et situations particulières, tous étaient anxieusement en quête d’information après que les agents de bord du transporteur se sont mis en grève tôt dimanche, entraînant l’annulation de plusieurs vols. Certains avaient été mis sur des vols de remplacement, d’autres attendaient à l’aéroport depuis la veille. « J’aimerais juste qu’on m’explique ce qui se passe », dit, exaspérée, Lynda Dow.
Elle et son conjoint étaient à Montréal pendant une semaine pour voir leur fils. Originaires de Calgary, ils étaient censés quitter dimanche matin pour retourner à la maison. Quand leur vol a été annulé, WestJet leur a proposé un nouvel itinéraire. Un premier vol en direction de Halifax avec Porter dimanche, puis deux autres vols (Halifax — Toronto, Toronto — Calgary)… trois jours plus tard. « C’est insensé », raconte-t-elle.
« On est pour les droits de travailleurs, tout le monde mérite d’être payés adéquatement », ajoute son conjoint Joe. « Mais l’entreprise devrait prendre la situation en main pour les voyageurs ».
Tout près, Jack Venezuela écoute d’une oreille attentive. Lui aussi devait partir pour Calgary, mais samedi soir. « Tous les hôtels étaient pleins, j’ai dormi ici » dit-il en pointant quelques divans à l’entrée de l’aéroport. Il était censé travailler dimanche, mais a dû faire faux bond. De son côté, WestJet ne lui avait toujours rien proposé comme solution dimanche matin. « Je ne peux pas passer la semaine ici, je dois rentrer. Mais même si j’avais l’argent pour me payer un autre vol, ils sont tous pleins. »
Au moment où ces lignes étaient été écrites, le prochain vol vers Calgary avec Air Canada était mercredi prochain et coûtait près de 1300 $. Avec Porter Airlines, la prochaine place disponible était aussi mercredi et coûtait environ 1000 $.
« Personne ne me parle, je n’ai rien reçu », insite M. Venezuela.
Des vacances écourtées
De leur côté, Luc et Sophie étaient sur leur départ. Partis hier soir de Sherbrooke, ils ont passé la nuit à l’aéroport pour être à temps pour leur vol vers la République dominicaine dimanche matin. Après avoir « travaillé toute l’année », ils espéraient se détendre deux semaines au soleil. « Un peu moins maintenant », blague Luc. « Je cache mes émotions bien mais je suis vraiment fâché », ajoute-t-il.
Modifier leur date de départ n’était pas une option. « On ne peut pas bouger nos vacances ! On attend un courriel pour nous proposer une alternative », précise Sophie.
Le couple avait aussi été affecté par la grève d’Air Canada l’an dernier. « C’est quoi les chances ? », dit-elle, une pointe d’ironie dans la voix. « Mais même si on avait voulu, les assurances ne couvrent pas les conflits de travail. On le sait, on a vérifié après notre expérience l’an dernier. »
Pour l’instant, WestJet n’a pas annoncé qu’elle couvrirait les frais, autres que le billet d’avion, engendré par l’annulation de ses vols, comme l’a fait l’an dernier Air Canada. Les hôtels, excursions et réservations annulés seront au frais des voyageurs.
« Faire la grève pendant l’été… Ils ont frappé fort, mais c’est nous qui sommes affectés », ajoute Luc.