Emmanuel Macron était interviewé ce jeudi 24 septembre soir lors des journaux télévisés de TF1 et France 2. Attaque russe, crise des carburants, dette publique… Le président français a abordé de nombreux points.

Possibilité d’une attaque russe en France

Emmanuel Macron a estimé que la France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie.

La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question est ce que ça peut arriver ? Ma réponse est oui », a dit le président français, ajoutant que la Russie considère que « l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine ».

Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

La Russie toujours mobilisée dans sa guerre

Une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes pour sa guerre contre l’Ukraine « est un scénario qui nous paraît crédible », a déclaré Emmanuel Macron.

« En effet, le scénario crédible aujourd’hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes », a déclaré le chef de l’État. « Le signal qu’est en train d’envoyer aujourd’hui la Russie est : on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass », a ajouté Emmanuel Macron, précisant que depuis l’invasion de l’Ukraine, cette guerre a déjà coûté à la Russie « 1,2 million d’hommes », blessés ou tués.

Envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite

Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite.

« C’est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site, pas nous engager dans quelque conflit mais protéger ce site », a déclaré le président français, afin d’œuvrer la détente des marchés pétroliers.

Principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Ormuz pour exporter son pétrole.

Critique des décisions de Donald Trump

Une interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision, a dénoncé Emmanuel Macron.

« Cette décision serait mauvaise, pas simplement pour le reste du monde. Pour l’économie américaine aussi », a indiqué le président français, en précisant : « je pense que tous les experts qu’il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose ». Le chef de l’État a par ailleurs assuré que la France faisait « tout » pour « éviter » des pénuries de carburant.

Défense du « quoi qu’il en coûte »

Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne regrettait « pas du tout le quoi qu’il en coûte », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France, réduisant aujourd’hui ses marges de manœuvre budgétaires.

Le chef de l’État a affirmé que les dépenses des « dix dernières années » se décomposaient en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ». « Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier », a-t-il dit.

Possible baisse des taxes sur les carburants

Emmanuel Macron a affirmé qu’il n’exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l’envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu’il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques.

« Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a dit le président, tout en jugeant qu’une baisse des taxes n’est « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ». « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il ajouté.

Appel à éviter une nouvelle dissolution

« Cela ne serait pas bon pour le pays » : Emmanuel Macron a écarté une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, une hypothèse qui circulait ces derniers jours, en appelant « les forces politiques » à « l’esprit de responsabilité » avant l’examen des textes budgétaires.

« Je pense que ce serait mauvais aujourd’hui de faire une dissolution parce qu’aujourd’hui, nous sommes à huit mois d’une présidentielle. Et donc, si on faisait une dissolution aujourd’hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n’est pas souhaitable », a répondu le chef de l’État.