Incendies en France : un record de 98 000 hectares brûlés depuis le début de l’année
Environ 98 000 hectares ont été brûlés depuis cet été par les 21 000 départs de feu qu’a connus la France hexagonale, un niveau cinq fois supérieur à la moyenne de ces 20 dernières années et un record depuis 1976, a révélé jeudi 24 septembre l’Office national des forêts.
C’est « exceptionnel », selon Juliette Faivre, directrice de l’agence ONF Île-de-France Est, précisant toutefois que 97 % des départs de feu sont éteints avant d’avoir parcouru 10 hectares. La responsable s’exprimait devant des journalistes dans la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, massif qui a perdu environ 2 000 hectares dans les flammes cet été.
Ce bilan, qui devrait être affiné dans quelques semaines, comprend les feux de forêt, mais également les surfaces agricoles et les espaces naturels.
Pour la seule surface forestière, avec 76 000 hectares effectivement brûlés cette année, 2026 est une année record depuis le début des statistiques précises sur ce type d’événement, a précisé Christophe Chantepy, expert à l’ONF dans la défense des forêts contre les incendies. La moyenne annuelle sur les 20 dernières années est de 12 700 hectares.
Forêts fragilisées par la sécheresse
Les données sont collectées de manière précise depuis 1973. Le record de surfaces de forêt brûlées reste pour l’instant celui enregistré en 1976, avec au moins 80 000 hectares. Et 1976 reste pour le moment un record pour le total des « surfaces végétales » brûlées (forêts, milieux naturels et zones agricoles), a précisé l’expert, avec un peu plus de 100 000 hectares brûlés.
Dans les zones sinistrées de la forêt de Fontainebleau, les stigmates restent bien visibles, avec dans certains endroits un décor en noir et vert : des pousses d’herbes et des fougères commencent à surgir du sol noirci, entourées par des troncs en partie recouverts de suie.
« Ce sont les pluies du mois d’août qui ont redonné de la vie », explique Alexandre Butin, responsable à l’ONF, tandis qu’une abatteuse couche au sol les arbres condamnés et qui peuvent encore avoir une valeur commerciale.
Après les incendies, les forêts touchées restent très sensibles aux pathogènes, d’autant plus pour celles fragilisées par la sécheresse. Et il faudra 50 à 60 ans pour retrouver des arbres à la hauteur de ceux qui ont été brûlés.