Devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président américain, Donald Trump, a défendu la guerre en Iran, mardi, se disant confronté à un choix : conclure une entente avec le pays ou l'anéantir.

J’ai une décision importante à prendre, a-t-il déclaré au cours d'une allocution d'une trentaine de minutes, pendant laquelle il a vanté son approche en politique étrangère.

Est-ce qu’un accord sera conclu avec l’Iran qui lui permettra de se reconstruire et de devenir un pays beaucoup plus grand qu’il ne l’a jamais été, peut-être l’un des plus grands du Moyen-Orient, ou même du monde? Ou est-ce que j’anéantis la République islamique et que je le fais rapidement, sans jamais leur donner la chance de tuer et de détruire à nouveau des gens et des pays?, a lancé le président américain, qui a souvent affirmé qu'il méritait le prix Nobel de la paix.

Est-ce que je les précipite en enfer, sans aucune chance de survie et sans espoir de grandeur pour les générations à venir?

Plus tôt cette année, le président américain avait menacé, sur sa plateforme Truth Social, d'anéantir la civilisation iranienne, s'attirant de nombreuses critiques pour ce qui pourrait constituer un crime de guerre.

Il a cette fois-ci lancé cette menace devant une audience composée de leaders internationaux, au podium d'une organisation créée pour mettre fin au fléau de la guerre.

Donald Trump a cependant ajouté que les États-Unis et l'Iran concluraient sans doute une entente après le scrutin américain de novembre. Ils attendent de voir comment je m’en tirerai aux élections de mi-mandat. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que je ne suis pas candidat. J’ai déjà fait ça et j’ai remporté une victoire écrasante, a-t-il soutenu.

La gestion de la guerre n'est pas influencée par les considérations électorales, a-t-il martelé. Cela ne me traverse même pas l'esprit, a-t-il affirmé, soutenant que l'intervention lancée par les États-Unis et Israël aura permis de libérer le monde de la menace nucléaire iranienne.

L'enjeu occupe pourtant les pensées de certains élus républicains : au cours des dernières heures, deux élus au centre de luttes serrées ont réclamé la fin du conflit, impopulaire auprès des électeurs.

Le président américain a du même souffle appelé les autres pays à se joindre aux États-Unis pour isoler l'Iran économiquement afin de le contraindre à une issue négociée.

Sur le point d'entrer dans son huitième mois, alors que Donald Trump évoquait initialement des opérations de quatre ou cinq semaines, le conflit a perturbé l'économie mondiale. La guerre a contribué à la hausse des prix – notamment aux États-Unis, où l'inflation figure en tête des préoccupations des électeurs.

Trump revendique la primauté américaine dans l'hémisphère occidental

Au cours d'une allocution pendant laquelle il a d'abord vanté son bilan et critiqué l'administration de son prédécesseur Joe Biden, le 47e président des États-Unis a par ailleurs prédit un accord entre la Russie et l'Ukraine qui arriverait plus tôt qu'on ne le pense, renouvelé ses critiques envers l’ONU, appelé les pays membres de la Cour pénale internationale (CPI) à s’en retirer, prédit la chute de Cuba, annoncé la construction de deux bases militaires au Groenland et justifié l’appropriation d’une large part de l’immense richesse pétrolière du Venezuela par les États-Unis.

Il a également affirmé que la domination militaire des États-Unis dans l’hémisphère occidental était essentielle pour empêcher les crises.

Il y a deux jours, au lendemain de l'annonce d'une entente avec le Danemark sur le Groenland, il a publié une image sur Truth Social le montrant regarder un globe terrestre avec les mots : C'est son hémisphère maintenant.

Nos actions au Venezuela prouvent que les États-Unis ne permettront plus que des menaces contre l’Amérique prennent racine où que ce soit dans l’hémisphère occidental, a déclaré Donald Trump. Alors que d’autres ont parlé de paix, j’ai fait la paix.

Il a par ailleurs justifié l'entente que Washington a conclu le mois dernier avec Caracas, en vertu de laquelle les États-Unis prendront le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Au vainqueur revient le butin, a-t-il dit, près de neuf mois après la capture du président déchu Nicolas Maduro lors d'une opération militaire américaine.

Malgré une rhétorique musclée, Donald Trump s'est gardé de sermonner les dirigeants du monde comme il l'a fait l'an dernier, alors qu'il avait accusé les pays européens d'aller droit « en enfer » en raison de leurs politiques migratoires.

Trump contre le contrôle « mondialiste » de la « super-intelligence »

Donald Trump a en outre rejeté toute tentative de bâtir un projet mondialiste pour contrôler l'intelligence artificielle.

Sa position tranche avec celle d'une vingtaine de pays, dont le Canada et l'Allemagne, qui, la veille, ont signé une déclaration plaidant pour un encadrement de cette technologie et même pour la possible création, sous l'égide de l'ONU, d'un organe international de régulation.

Comme il l'a fait récemment, il a de plus critiqué la dénomination intelligence artificielle, annonçant cette fois que les documents officiels américains refléteraient son opinion.

À partir de maintenant, tous les documents des États-Unis – et, je l’espère, ceux du monde entier – utiliseront le terme beaucoup plus juste de "super" plutôt que "artificiel".

Après son discours, Donald Trump devait rencontrer plusieurs dirigeants mondiaux, dont le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le premier ministre britannique, Andy Burnham, la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, la présidente intérimaire du Venezuela, Delcy Rodriguez, ainsi que des représentants des États du Golfe.