« Comment vous sentez-vous avant cette petite finale ?
Je me sens dans ma responsabilité par rapport au match qu'on a, qui n'est pas amical. Ce n'est pas celui qu'on aurait préféré, mais il est là. C'est une troisième place, j'ai le devoir avec mon staff et les joueurs de tout faire pour atteindre l'objectif. Les Anglais n'ont pas envie et nous non plus, mais il est là, c'est l'objectif et c'est ce qui occupe mon esprit.

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Votre esprit est-il hanté par la défaite de mardi face à l'Espagne (0-2) ?
Quand il y a la victoire, il y a des sourires et de la joie, ce sont des moments merveilleux. Quand ce n'est pas le cas, c'est moins agréable mais il faut l'accepter. L'Espagne a été meilleure que nous, même si les datas sur le plan athlétique, en termes de distances et d'intensité de course, sont bonnes. Mais il y a aussi le domaine technique, et c'est lié à la qualité de l'équipe espagnole qui a hissé le curseur. L'un dans l'autre, Espagne s'est qualifiée et pas nous. La déception est à la hauteur des ambitions qu'on avait légitimement, il faut l'accepter.  Il y a ce match et après ce sera les vacances, les joueurs en ont besoin et moi aussi.

Regrettez-vous d'avoir joué avec quatre offensifs contre l'Espagne ?
Les Espagnols ont bien joué avec quatre offensifs aussi. Est-ce qu'on a mal défendu ? On aurait pu mieux défendre. Est-ce qu'on a bien attaqué ? Non, on n'a pas pu car on a eu du déchet, et l'adversaire a fait en sorte qu'on en ait plus. À Doha (lors du Mondial 2022), on fait la finale, on avait quatre offensifs, c'est un choix que je fais. Qu'on n'y soit pas arrivés, ça ne remet pas tout en cause. Il y a un adversaire aussi.

« Michael Olise est encore dans une marge de progression. Bien sûr qu'il sera encore meilleur à l'avenir. »

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Quel regard portez-vous sur le tournoi de Michael Olise et sa fin difficile ?
Qu'il n'ait pas été à son meilleur niveau contre l'Espagne, oui, mais comme d'autres joueurs. Il est encore dans une marge de progression. Bien sûr qu'il sera encore meilleur à l'avenir. Bien sûr que la Coupe du monde servira aussi à un jeune comme Désiré Doué. Il y a le côté émotionnel aussi qui a son impact.

S'il y a bien un joueur qui a été mis en lumière depuis le début du tournoi, c'est Michael et tant mieux, il le mérite. La demi-finale de Ligue des champions contre le PSG, ça va lui servir aussi. Des fois, ça coince parce qu'il y a l'adversaire aussi. Et ça prend du temps. Regardez (Dayot) Upamecano, aujourd'hui c'est un monstre, je l'appelle « le petit monstre », mais ça a pris du temps aussi. Si un jour vous avez le privilège de porter ce maillot, vous verrez ce que c'est.

« Ce sera le clap de fin, mais ce n'est pas un match anonyme. Cela ne changera pas la vie des joueurs mais il vaut mieux finir troisième que quatrième. »

À propos du match pour la 3e place contre l'Angleterre

Allez-vous faire tourner massivement samedi ?
J'ai des discussions avec tous les joueurs. La seule chose importante pour moi, c'est que personne ne va jouer par défaut. Ces 26, je les ai choisis et j'aurais pu en choisir d'autres. Je me mets ce devoir pour atteindre l'objectif et j'espère qu'on y arrivera, les joueurs c'est pareil. Il n'y a pas de « coiffeurs ». Je vais faire tourner, massivement c'est à partir de combien ? Déjà parce qu'il y en a qui ne peuvent pas jouer, pour des raisons que je comprends aussi, et qui m'amèneront à faire des choix de départ.

Kylian Mbappé est-il disponible ?
Oui, il est disponible.

Le titre de meilleur buteur peut-il être pour lui un levier de motivation, alors qu'il y en a peu sur ce match ?
Il y a toujours des leviers de motivation. Vous ferez une analyse par rapport à ce qu'ils feront. Kylian n'a pas besoin de leviers. Qu'il ait cet objectif individuel, cela me semble légitime. Il peut avoir aussi d'autres choses dans la tête qui amènent à prendre des décisions. Ce sera le clap de fin, mais ce n'est pas un match anonyme.  Cela ne changera pas la vie des joueurs, mais il vaut mieux finir troisième que quatrième, et on va tout faire pour atteindre cet objectif, Kylian en tant que capitaine aussi.

Comment motive-t-on les joueurs pour une affiche qu'ils n'imaginaient pas jouer ?
Combien d'adversaires sont rentrés avant ? Quarante-quatre. On a un devoir, on va tout faire pour que ça se passe bien. Il y a une responsabilité de porter ce maillot par rapport aux millions de Français et de Françaises qui ont vibré et ont été déçus. J'ai toujours considéré que quand on vient là, et je suis venu pendant 25 ans, c'est le devoir d'abord, comme à chaque fois, même si c'est un match amical. On a cette responsabilité.

Dans quel état d'esprit abordez-vous votre dernier match sur le banc des Bleus ?
Dans ma tête, je sais très bien que le clap de fin est demain (samedi). Sans faire pleurer personne, je sais que l'équipe de France va me manquer, mais j'ai eu le privilège d'être là-haut avec ce maillot, de connaître des moments magnifiques et plus difficiles. Le clap de fin mais la vie continue, je ne sais pas de quoi elle sera faite mais je suis d'une nature positive, je sais que ce sera bien aussi. L'équipe de France est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie pro. Vingt-cinq ans, ça marque une vie d'homme ou de femme, d'autant plus qu'il reste des souvenirs inoubliables. Mais l'important, c'est toujours devant soi. »