Face à la justice, une association demande que "cessent les conditions de détention indignes" à Condé-sur-Sarthe

La prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) le 5 octobre 2021 - JEAN-FRANCOIS MONIER © 2019 AFP
L'Observatoire international des prisons était devant le tribunal administratif de Caen, ce vendredi 17 juillet, pour demander que cessent "les conditions de détention indignes" à Condé-sur-Sarthe.
L'Observatoire international des prisons (OIP) a demandé vendredi 17 juillet devant le tribunal administratif de Caen que "cessent les conditions de détention indignes" dénoncées au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne).
L'OIP a déposé une procédure d'urgence, un référé-liberté, après la publication début juillet d'un rapport de la contrôleure générale des prisons (CGLPL) particulièrement sévère sur les agissements du personnel pénitentiaire dans cette prison de haute sécurité dotée d'un quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).
"Condé, c'est la vitrine de l'administration pénitentiaire et c'est la négation de ce que la peine doit être. On assiste à la négation des droits les plus élémentaires des personnes détenues", a fustigé vendredi Me Matthieu Quinquis, avocat de l'OIP, lors d'une audience au tribunal administratif de Caen.

Après une visite menée du 4 au 7 mai, le rapport de la contrôleure générale, Dominique Simonnot, a dénoncé des brimades, des violences, des humiliations et des abus de pouvoir, notamment au sein du QLCO où les agents seraient en permanence cagoulés, ne permettant pas aux détenus d'identifier les fautifs.
Une mission de contrôle interne pendant l'été
En réponse à ce document, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé une mission de contrôle interne à Condé-sur-Sarthe "dès l'été 2026".
Devant le tribunal vendredi, Me Benoit David, l'un des avocats de l'OIP, a souhaité une procédure plus approfondie, réclamant "une mission d'inspection et non une mission de contrôle".
"L'administration pénitentiaire ne veut pas prendre la mesure de ce qu'est la réalité à Condé. La cagoule, c'est un moyen de l'impunité, un moyen pour commettre des violences", a estimé l'avocat.
Mais, d'après un représentant de l'administration pénitentiaire, qui a demandé à ce que son nom ne soit pas divulgué, il n'y a aucune volonté d'humilier de la part des agents pénitentiaires. "Toutes les mesures prises visent des objectifs opérationnels. La CGLPL est opposée au QLCO, on le sait", a-t-il affirmé à l'audience.
"Pas de comportements contraires à la déontologie"
Selon le directeur du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, établissement qui compte 312 personnels pour 100 détenus, "parler de violences systémiques nous paraît problématique", a-t-il dit, assurant qu'il n'y avait "pas de comportements contraires à la déontologie".
![[INÉDIT] Mohamed Amra transféré: les secrets des extractions ultra-sécurisées de détenus [INÉDIT] Mohamed Amra transféré: les secrets des extractions ultra-sécurisées de détenus](https://images.bfmtv.com/WZ9FshxQGzhcvUZVer6mZkXFXOQ=/0x0:0x0/130x0/podcast/podcasts/principale-103_6.jpg)
[INÉDIT] Mohamed Amra transféré: les secrets des extractions ultra-sécurisées de détenus
15:38
Il a souligné que des détenus avaient proféré des menaces de mort contre les surveillants. "Voilà pourquoi le port de la cagoule est prévu dans les QLCO", a-t-il argumenté.
L'objectif des QLCO est d'isoler des détenus perçus par les autorités comme haut placés dans la criminalité organisée, selon un régime de détention strict inspiré de la lutte antimafia en Italie.
La décision du tribunal administratif doit être rendue "dans les meilleurs délais", a indiqué le président sans fixer de date.