Dominique, 62 ans et 1000 euros d'allocation, ne peut plus se chauffer : "Maintenir la température à 17 degrés ça me coûterait 250 euros par mois"
À 62 ans, Dominique vit dans un pavillon de 140 m² trop cher à chauffer avec ses 1 000 € de France Travail. 17 °C restent un luxe, ses refuges contre le froid racontent une autre réalité de l’hiver.
1 000 euros pour le mois, une maison de 140 m² à chauffer et une facture d’électricité qui flambe dès que le chauffage tourne : pour Dominique, 62 ans, viser 17 degrés coûterait environ 250 euros. Avec ses allocations de France Travail, cette ex‑formatrice au chômage n’y arrive plus et passe l’hiver souvent dans le froid.
Ce calcul résume la
précarité énergétique dans laquelle elle est tombée.
Pour ne pas exploser son budget, Dominique limite le chauffage au
strict minimum, multiplie les couches de vêtements, bricole des
solutions d’isolation et cale ses journées sur les moments où il
fait un peu moins froid. Chez elle, les 10 °C dans des pièces sont
devenus habituels.
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Une maison tout électrique devenue impossible à chauffer
Quand elle a fait construire son pavillon il y a une vingtaine d’années, le chauffage tout électrique paraissait pratique : radiateurs, chauffage au sol, convecteurs. Aujourd’hui, le prix du kilowattheure a tellement augmenté que maintenir 17 degrés représenterait un quart de son budget mensuel. Impossible avec 1 000 euros pour payer aussi l’alimentation, la voiture et les charges fixes.
À cela s’ajoute un ancien contrat EDF à jours de pointe, de type EJP : l’électricité y est moins chère la plupart du temps, mais certains jours d’hiver le tarif explose et son installation passe en mode survie. Convecteurs, four, machine à laver et micro‑ondes se coupent. « Il n’y a que la cafetière, je me fais mon café à midi, c’est tout », raconte‑t‑elle.
Vivre à 10 °C, compter les bûches et tenir tout l’hiver
L’insert est devenu sa principale source de chauffage. Le salon gagne quelques degrés, mais le reste de la maison reste autour de 10 °C. « Le feu, c’est quand la température du thermomètre est inférieure à 14 degrés », explique Dominique, qui réserve ses bûches aux journées les plus glaciales.
Elle a tendu un rideau dans l’entrée, collé un film plastique le long de l’escalier et fermé les pièces inutilisées pour limiter les
courants d’air. Une partie de la journée, elle la passe à la bibliothèque municipale, au chaud, avant de rentrer le soir chez elle. « S’il y a une chose que je ne supporterai pas, c’est d’avoir des dettes sur le dos. Parce que là, même au chaud sous ma couette, je n’arriverai pas à dormir », confie‑t‑elle.
Ne plus pouvoir se chauffer : aides et droits quand la facture explose
Pour des profils comme celui de Dominique, 250 euros de chauffage représentent 25 % d’un revenu mensuel, bien au‑delà de ce qu’un budget fragile peut absorber. Un premier réflexe consiste à vérifier son éligibilité au chèque énergie grâce au simulateur officiel ; cette aide, versée une fois par an sous conditions de ressources, peut servir à payer l’électricité, le gaz ou une partie du bois.
Autre piste, le service public France Rénov’, piloté par l’Anah, qui conseille sur les travaux d’isolation ou de changement de chauffage et sur les aides possibles ; des conseillers répondent au 0 808 800 700. Pendant la trêve hivernale, du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027, les coupures d’électricité et de gaz pour impayés sont interdites, mais la dette continue de s’accumuler, d’où l’intérêt de contacter tôt son fournisseur ou un médiateur.