• Accueil
  • Faits-divers - Justice

  • « Ma mère les avait vues tomber » : des témoins de la guerre permettent de localiser …

Au début des années 40, l’aviation allemande a tenté de détruire un train de marchandises qui circulait entre Baume-les-Dames et Besançon. Depuis ce jour, deux engins explosifs se trouvaient sous la surface de la terre, à Ougney-Douvot. Grâce à des témoignages, ils ont pu être localisés et évacués par les démineurs de Colmar.

Valentin Collin -

Aujourd’hui à 19:25 | mis à jour aujourd’hui à 19:26

  • Temps de lecture :

Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.  Photo démineurs de Colmar
Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.  Photo démineurs de Colmar

La pelleteuse appelée en renfort sur les lieux a creusé minutieusement la prairie, centimètre par centimètre. Le conducteur de l’engin a probablement eu quelques sueurs froides quand il a senti le godet gratter un objet métallique, sous la surface du sol. « Lorsqu’on a entendu ce bruit strident, on s’est un peu éloignés du trou », reconnaît Michel Cartier, l’adjoint au maire d’ Ougney-Douvot , à l’origine de la découverte. Sous la machine, les deux bombes de 50 kg chacune étaient en parfait état de marche, avec les numéros de série encore visibles.

« Depuis que j’étais gamin, ma mère m’avait raconté que les Allemands avaient bombardé un train de marchandises, au début des années 40. Ce jour-là, elle se rendait à l’école, quand elle a vu les avions passer au-dessus de sa tête. Elle se souvient des obus tomber dans les champs, à proximité du village. » Un témoignage corroboré par son beau-père, qui était exploitant agricole et qui lui avait indiqué le lieu de la chute. « J’ai cherché dans les archives de la mairie des traces de cet événement, mais je n’ai jamais rien trouvé. Pour les gens qui ont vécu cette période, c’était la guerre, ça semblait presque normal. »

Aide d’un drone

Les recherches se sont accélérées au cours de l’été : l’agriculteur qui exploite le champ a commencé à creuser une tranchée pour trouver de l’eau. « Quand j’ai appris ça, je lui ai demandé d’arrêter immédiatement et j’ai sollicité les démineurs de Colmar. » Ces derniers ont effectué une prospection à l’aide des images satellites, avant de se rendre sur les lieux avec du matériel de détection. « Ils ont repéré des cratères et sur place, ils ont commencé à creuser avec une pioche. Ils ont trouvé du remblai et ont compris qu’il y avait quelque chose sous la surface du sol. Ils ont engagé une autre équipe venue de Lyon, qui a cartographié la zone à l’aide d’un drone. »

  • Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.   Photo Démineurs de Colmar

    Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.   Photo Démineurs de Colmar

  • Publicité
  • Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.   Photo Démineurs de Colmar

    Les deux bombes allemandes ont été exhumées dans un champ, à Ougney-Douvot, par les démineurs venus de Colmar.   Photo Démineurs de Colmar

Un état de conservation « remarquable »

Munis des coordonnées précises, les démineurs ont ciblé un périmètre où devaient se trouver les deux engins. « On a engagé une société de travaux publics basée dans le coin, pour creuser le trou. Le conducteur y est allé tout doucement, et à environ 1m60 de profondeur, il a touché une ailette. En voyant le modèle, le démineur savait déjà comment il fallait œuvrer. » Devant la dangerosité de l’objet, tous les témoins ont quitté la zone pour laisser ce professionnel agir dans le calme, à l’aide de ces outils. « Ils nous ont dit que si la charge venait à sauter, la maison située à 150 m pourrait être touchée », confie Michel Cartier, qui a préféré reculer de quelques mètres au moment de l’intervention… Les opérateurs ont soigneusement retiré le détonateur, avant d’évacuer ces bombes qui étaient dans un état « remarquable », d’après les spécialistes, qui doivent procéder à leur destruction.

À Ougney-Douvot, cette intervention signe la fin d’un long mystère. « Ma maman qui va avoir 96 ans, m’a dit : “Tu vois, j’avais raison”. Bon, elle m’avait indiqué le bon endroit mais à 200 m près », conclut Michel Cartier, le sourire aux lèvres.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice