Edward Still vs Ivan Leko, de complices à adversaires lors de RAAL – Club Bruges : "Je ne serais pas là sans Ivan"
Ce RAAL - Club Bruges est aussi un match dans le match entre Edward Still et Ivan Leko, deux hommes qui se connaissent par cœur et s'apprécient énormément pour avoir travaillé ensemble pendant de nombreuses années. Que ce soit à Saint-Trond (2015-17), à Bruges (2017-19), à l'Antwerp (juilet-décembre 2020) et même en Chine (janvier-juin 2021), les deux hommes formaient un solide binôme. "Ils étaient très complémentaires. Deux personnes qui connaissent bien le football, chacun avec leur style puisqu'Edward était déjà très fort dans l'analyse et qu'Ivan mettait en place son style de jeu en fonction des informations qu'il recevait. Les deux formaient un très beau duo, très complémentaire", se rappelle Guillaume Hubert pour avoir œuvré sous les ordres de ce duo à Bruges et à l'Antwerp.
À Saint-Trond, William Dutoit a aussi pu travailler sous le duo Leko-Still. "Je pense qu'Edward a beaucoup appris d'Ivan, précise l'ancien gardien. On a tout de suite vu les atomes crochus entre les deux hommes. Ils formaient un staff très solide, qui partageait les mêmes idées et allait dans le même sens. La direction, la vision et le message étaient exactement les mêmes."
guillementIvan et Edward étaient très complémentaires.
À Bruges, Leko et Still ont remporté un titre. "On n'aurait peut-être pas eu d'aussi bons résultats si nous n'avions pas eu cette complémentarité entre les deux."
Ivan Leko: "Edward Still ? J'étais déçu de son départ mais fier"Malgré leur complémentarité, il y avait bien des différences entre les deux hommes. À tel point que William Dutoit ne voyait pas Edward Still devenir un jour entraîneur principal. "Si Edward était très bon dans l'analyse, et que cela incombait peut-être à son rôle d'adjoint, il n'avait pas cette prestance et cette poigne qu'Ivan peut avoir."
Pourtant, après avoir longtemps formé un duo gagnant avec Leko, Edward Still a pris son envol et impose désormais son propre style. Avec des influences venues de Leko ? "C'est difficile de faire la même chose quand vous dirigez des noyaux aussi différents que Bruges et La Louvière. Je pense qu'Edward essaye de s'adapter mais il y a des principes de jeu que l'on retrouve aussi chez Leko, que ce soit en termes d'intensité ou dans cette volonté de vouloir jouer au football. Je dirais que Still a gardé beaucoup de principes de Leko, tout en mettant sa touche personnelle", indique William Dutoit.
guillementStill a gardé beaucoup de principes de Leko, tout en mettant sa touche personnelle.
Même constat pour Guillaume Hubert. "Ce n'est pas en faisant la même chose que Leko que ça marcherait forcément. Tout simplement parce qu'il n'a pas le même style de joueurs, pas la même équipe, pas le même style de jeu. Ce serait contre-productif pour lui de faire du Leko."
Son statut de remplaçant, sa rouge contre Anderlecht, son centenaire à la RAAL, Joël Ito se confie : "Mon exclusion à Anderlecht m'a pénalisé"Still n'a pas oublié Leko
Lorsque nous avons interrogé Edward Still sur ses retrouvailles programmées avec son mentor, sa réponse a été directe. "Je ne serais pas là sans Ivan", lance-t-il.
Et d'évoquer l'impact de Leko dans sa carrière. "C'est un grand Monsieur, le plus grand coach qu'on a ici en Belgique. Il a gagné de multiples titres, il affrontait déjà des coachs de renommée lorsque nous étions ensemble. Encore aujourd'hui, il est au top, il est le meilleur et a toujours cette volonté de vouloir progresser, se remettre en question, d'être très exigeant envers lui-même et les autres. J'aurai toujours énormément de respect et de gratitude envers lui, pour les responsabilités et l'autonomie qu'il m'a données. C'est en très grande partie grâce à lui que je suis à ce poste de T1."
Et une question se pose : est-il difficile d'affronter un coach qui vous connaît par cœur et que vous connaissez aussi par cœur ? "Je dois préparer ce match avec la même intensité, le même focus qu'un autre. Il ne faut pas que les joueurs se disent qu'il y a quelque chose de spécial. Peut-être juste qu'il y a un effort conscient de ma part de ne pas trop en faire, même si tout ce que je vois dans ce que Bruges fait, je le comprends peut-être encore plus en détail que pour une autre équipe", répond Edward Still.
Une chose est certaine : les deux hommes devront laisser leurs émotions de côté, eux qui s'apprécient toujours autant. "On a vécu ensemble presque 24 heures sur 24 pendant des années, notre relation est toujours très forte. J'ai beaucoup de respect et de complicité mais samedi, je ferai la part des choses. Pour ça, je pense que j'ai suffisamment d'expérience pour avoir affronté mes frères par le passé ou d'autres coachs pour qui j'ai travaillé. J'ai appris à laisser les émotions de côté et je le ferai ce samedi."
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.