Élections Québec dit être empêchée par la loi 96 d’envoyer des…
Pour la première fois, les documents d’informations du vote, le guide pour les élections provinciales, l’avis d’inscription et la carte de rappel ne seront livrés aux électeurs qu’en français. Élections Québec, qui est responsable de la distribution de ces documents, explique que des mesures mises en place par la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (la « loi 96 ») l’obligent à ne communiquer par écrit que dans la langue de Tremblay.
« Nous avons tenté d’obtenir une exception pour être en mesure de fournir des informations sur le vote en anglais et en français dans le contexte d’une élection, mais nous n’avons pas obtenu l’autorisation de le faire », soutient Élections Québec par courriel.
Pour remédier à l’absence de l’anglais, qui était historiquement inclus, un code QR sera présent sur les documents pour « faciliter l’accès à l’information » présente sur le site Web de l’organisme. Les « personnes déclarées admissibles à recevoir l’enseignement en anglais » auprès d’Élections Québec et les Autochtones pourront obtenir de l’information dans la langue de Shakespeare lorsqu’ils communiquent avec l’institution indépendante.
Pour Eva Ludvig, présidente de TALQ, un regroupement qui milite pour les droits des Québécois anglophones, l’absence de l’anglais dans les communications d’Élections Québec est « contre tous les principes d’une démocratie ». « Ce n’est pas une question linguistique, c’est vraiment une question de droits », soutient-elle.
Il s’agit d’un grave problème pour les personnes, souvent plus âgées, qui ne parlent pas français et qui ont de la difficulté avec l’utilisation de la technologie ou n’ont simplement pas accès à un téléphone portable ou à un ordinateur, affirme Mme Ludvig.
Une possible exception ?
En point de presse mercredi, la cheffe de la Coalition avenir Québec et première ministre sortante, Christine Fréchette, a soutenu être « en discussion » avec Élections Québec dans ce dossier, mais ne s’est pas avancée sur la possibilité de renverser cette décision.
Eva Ludvig affirme d’ailleurs espérer que Québec « revienne sur sa décision » et indique avoir contacté le gouvernement pour faire entendre le point de vue de son organisation sur ce sujet. « Ce qui nous préoccupe, c’est que ça urge », dit-elle. « On n’a pas le temps d’aller discuter, il faut prendre une décision rapidement. »
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a pour sa part comparé le droit de vote des Québécois anglophones à leur droit d’effectuer des procédures judiciaires en anglais. « La langue officielle et commune, c’est le français. Mais quand il en vient aux droits fondamentaux, comme voter, il doit y avoir un mécanisme qui permet aux anglophones d’avoir les informations en anglais. Donc, nous essayons de vérifier si ce mécanisme fonctionne ou non. »
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a quant à lui affirmé « partager les préoccupations d’Élections Québec », mais a précisé « ne pas pouvoir faire grand-chose ». « Je crois que nous partageons tous la mission d’Élections Québec, qui est de faire en sorte que le plus grand nombre possible de Québécois vote en octobre. »