Sur la Butte de Saint-Cassien, berceau historique de Cannes, David Lisnard a orchestré sa rentrée politique sous un format inédit de trois jours de débats, ateliers et tables rondes. Devant plus de 3 000 sympathisants ce samedi soir (selon les équipes du candidat), le président de Nouvelle Énergie et de l’Association des maires de France a opposé la ferveur et le bon sens du « pays réel » à qui « il faut redonner du pouvoir » au conformisme du microcosme parisien, « pour faire gagner la France et les Français ». Pour lui, sa gestion cannoise, caractérisée par un désendettement pionnier et une forte discipline budgétaire, doit servir de modèle pour le redressement national.

Pour ce campus, l’édile s’est entouré d’un panel éclectique venu de la société civile : l’ex-patron du Medef Pierre Gattaz pour évoquer la réindustrialisation par la libération du foncier, Guy Drut et Malik Hamadache sur le sport comme levier de lien social, Mickaëlle Paty sur l’instruction républicaine et la laïcité, le publicitaire Frank Tapiro sur la bataille des idées, et le créateur de contenus Sardoche sur les défis de l’intelligence artificielle et de la surexposition des jeunes aux écrans.

À huit mois du scrutin, David Lisnard balaie d’un revers de main ses 3 à 3,5 % d’intentions de vote [sondage Elabe pour BFMTV]. Fustigeant les « pseudo-sachants », il refuse le scénario d’une élection écrite d’avance et mène une charge implacable contre un État bureaucratique coupable de « harcèlement textuel ». Il propose une désinflation normative radicale : suppression des ARS (Agence régionale de santé), de l’Ademe (Agence de la transition écologique) ou des DREAL ((Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), baisse de la dépense publique de 200 milliards d’euros, « création d’un DRH de l’État » pour rationaliser la fonction publique, « rendre 60 % en pouvoir d’achat immédiat aux Français ».

Il défend également un sursaut éducatif centré sur les fondamentaux et la compétition entre établissements, tout en libérant le marché du logement par la suppression du diagnostic de performance énergétique (DPE) qui « a sorti 450 000 logements de l’offre » et « a créé la plus grave crise du logement de tous les temps ».

« Ne pas laisser le monopole de l’alternative à la gauche ou au RN »

David Lisnard exige l’organisation d’une primaire ouverte de la droite et du centre d’ici la fin de l’année. L’objectif est limpide et assumé : « éliminer les macronistes avant le premier tour, au quart de finale et pas en mini-finale ». Refusant tout compromis avec ceux qui ont « mené le pays dans le mur », le candidat prévient qu’il ira « jusqu’au bout » pour faire triompher son projet de liberté. Une candidature pour « ne pas laisser le monopole de l’alternative à la gauche ou au RN ».

Et si la primaire a lieu et que c’est Edouard Philippe qui la remporte, David Lisnard se rangera-t-il derrière lui ? « Si Philippe gagne je ne le soutiendrai pas mais je ne dirai pas un mot contre lui. Je respecterai le suffrage ».