"Élu par personne", "trahison", "copain de l'équipe du président": Jean-Luc Mélenchon réaffirme ses menaces envers le gouverneur de la Banque de France

Publié aujourd'hui à 12h53

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Le chef de file de La France Insoumise a réaffirmé mercredi matin que les propos du gouverneur de la Banque de France sur la dette étaient un acte "de trahison". " Où le banquier central peut croire que la loi ne s'applique pas à lui comme à tout citoyen à propos de trahison?", a-t-il écrit sur X. Le gouverneur a comparé ce matin ses déclarations aux pressions de l'administrations Trump sur la Réserve fédérale américaine.

Nouvelle passe d'armes entre Jean-Luc Mélenchon et le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Alors que le premier a qualifié, ce mardi, les propos du représentant de la banque centrale sur la dette auprès du Financial Times "d'acte de trahison", passible de "poursuites" s'il parvenait à l'Élysée, ce dernier a déclaré ce mercredi matin sur France Inter "ne pas se laisser intimider". Ajoutant: "Je ne connaissais qu'un seul pays où l'on cherchait à intimider le banquier central, c'est l'Amérique de Trump".

Dans la foulée, le candidat insoumis à la prochaine élection présidentielle a répondu sur le réseau social X, en posant une série de questions.

"Le gouverneur de la Banque de France Moulin m'accuse de le menacer et demande où ailleurs dans le monde on se le permet. Je lui demande où ailleurs dans le monde le président nomme un copain de son équipe technique comme dirigeant de la banque centrale? Et où ailleurs dans le monde le banquier central élu par personne donne ses avis politiques sur la gestion de son pays?"

Jean-Luc Mélenchon a ensuite ajouté: "Où le banquier central alimente la volonté spéculative contre son pays? Où le banquier central peut croire que la loi ne s'applique pas à lui comme à tout citoyen à propos de trahison?"

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Des propos sur le "risque d'être étranglés par la hausse des taux d'intérêt"

Ces propos prennent la suite de ceux que le candidat a rédigé mardi sur X. Il indiquait alors son "ras-le-bol de ces soi-disant élites qui crient au drame qu'elles veulent créer pour peser sur le peuple".

Jean-Luc Mélenchon faisait ici référence aux propos tenus par Emmanuel Moulin auprès du Financial Times. Le gouverneur de la Banque de France a estimé lundi auprès du journal britannique que la France risquait d'être "étranglée par les taux d'intérêt" si elle ne prenait pas de mesures pour stabiliser sa situation financière.

Au contraire, "si elle parvient à adopter cette année un budget visant à réduire les dépenses et à diminuer le déficit, comme l’a proposé le gouvernement, les marchés seront rassurés par cette mesure concrète d’assainissement budgétaire", avait notamment ajouté Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l'Élysée.

S'il a plusieurs fois critiqué la proposition du candidat LFI quant à l'annulation d'une partie de la dette publique en la jugeant "illégale" et "dangereuse", Emmanuel Moulin n'y fait toutefois pas référence dans l'article du Financial Times et ne parle pas non plus de Jean-Luc Mélenchon.

Pas d'intervention à venir de la BCE

Plus concrètement, ce mardi matin, le gouverneur de la Banque de France a appelé les partis politiques à s'entendre pour voter un budget d'ici la fin de l'année, afin de stabiliser la situation financière du pays. "Nous pouvons agir en votant un budget", a-t-il estimé sur France Inter.

"Le gouvernement a proposé un budget avec 5% de déficit. Ce n'est pas très ambitieux mais c'est réaliste. C'est la limite haute de ce qu'il faut accepter pour 2027. (...) Chacun doit prendre ses responsabilités", a indiqué Emmanuel Moulin.

Il a toutefois repoussé la perspective d'une aide rapide de la Banque centrale européenne. "Je ne pense pas que les conditions soient réunies pour une intervention de la Banque centrale européenne", a considéré Emmanuel Moulin, en réponse à la position du Rassemblement national qui demande une baisse des taux directeurs afin d'assouplir les taux d'emprunt des pays de la zone euro.

Si par le passé la BCE a massivement acheté une partie des dettes des membres de la zone euro pour réduire les taux d'intérêt, c'était à une période où "les conditions de la transmission de la politique monétaire étaient perturbées parce qu'il n'y avait pas assez d'inflation", a-t-il ajouté. Au contraire, la BCE pourrait poursuivre la remontée des taux directeurs engagée en juin, au risque de refroidir encore la croissance et de compliquer encore plus l'équation budgétaire l'an prochain.

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