"En 2050, elles assureront la production d’électricité de l’Occitanie" : les premières éoliennes en mer fonctionnent, et maintenant ?
Les deux parcs expérimentaux d’éoliennes en mer, au large de l’Occitanie, fonctionnent depuis cet été. Déjà, les nouveaux projets arrivent avec un soutien régional. Le point.
La révolution industrielle de l’éolien flottant d’Occitanie est désormais en marche, mais quels sont les objectifs et le calendrier à l’horizon 2050 ?
1 L’électricité est produite au large
Quasiment dans le même temps, au début de l’été, les deux parcs expérimentaux de trois éoliennes au large de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, des projets EolMed (à 15 km de Gruissan et Port-la-Nouvelle) et EFLG (à 16 km de Leucate et Barcarès), se sont mis à fabriquer de l’électricité grâce au vent. Chaque parc est prévu pour produire 30 MW, soit de quoi alimenter 50 000 habitants chacun. Où en sommes nous ?
"Nous sommes encore en phase de rodage depuis la production des premiers électrons et la pleine capacité potentielle fin juillet, mais nous n’en sommes pas encore là", indique Jérémy de Barbarin, directeur du projet EFLG porté par Ocean Winds. Quelques sujets "techniques de jeunesse" ont contrarié les plans cet été et notamment les fortes chaleurs et la température de l’eau. Si les turbines ont parfaitement résisté à toutes les tempêtes depuis des mois, elles ont moins aimé l’eau chaude et les canicules à répétition. Jusqu’à être parfois stoppées : "c’est un nouvel environnement pour ces turbines habituées à la Mer du Nord, mais nous avons appris sur ces sujets-là et elles fonctionnent à plus de 90 % du temps" confie le directeur.
2 Où va l’électricité et combien ça coûte ?
Pour EolMed comme EFGL, l’électricité produite est acheminée à terre par RTE avant d’être redirigé vers des lignes de haute tension et c’est ensuite les énergéticiens qui la redistribuent dans les foyers. Combien cela coûte-t-il ? En fait, un contrat a été passé avec l’État qui soutient cette filière naissante et a fixé un tarif fixe : soit 240 € par Mégawatter produit. EDF les revend ensuite aux particuliers. Mais avec le contexte énergétique, le prix du marché grimpe "parfois à 300 €" indique Jérémy de Barbarin. Mais le tarif était bloqué, EolMed par exemple, s’en était ému auprès de l’État voilà quelques mois.
3 Les nouveaux parcs à venir
À travers sa PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie), le gouvernement a planifié le développement de l’éolien en mer sur les façades maritimes (posé en Atlantique où les fonds sont moins profonds, flottant en Méditerranée). En Occitanie, suite à l’appel d’offres AO6, un premier parc commercial nommé EFLO, géré par Ocean Winds qui a remporté le marché, va voir le jour au large de l’Hérault et de l’Aude, avec une quarantaine d’éoliennes pour 250 MW de puissance et 450 000 personnes alimentées. L’appel à candidature pour l’AO10 qui suit, se termine ce lundi 12 octobre. Il prévoit carrément 10 GW de production (5 pour le posé, 5 pour le flottant) et comprend une extension de 500 MW du champ remporté par EFLO et de nouveaux parcs à venir.
"À l’horizon 2050, l’État vise un objectif de 45 GW de production avec des paliers, ce qui couvrira 20 % des besoins en énergie de la France et en Méditerranée, ce sera la consommation de 6,6 millions d’habitants, soit la population d’Occitanie" détaille Romain Cunniet, chargé de mission environnement à la Dréal-Occitanie. Il rappelle que dans les appels d’offres, sur une échelle de 100 points, 70 sont attribués pour le prix de l’énergie proposé, 18 pour la robustesse des éoliennes et 12 pour les enjeux environnementaux, "par exemple, au moins cinq matériaux ne devront pas venir de Chine."
4 Le soutien régional
Cette filière, l’Occitanie la soutient depuis longtemps. "Nous sommes engagés depuis dix ans à comment structurer la filière et participer à la réindustrialisation de l’industrie" rappelle Sébastien Denaja, conseiller régional, là où la collectivité a engagé plusieurs centaines de millions d’euros à Port-la-Nouvelle pour que les structures portuaires puissent accueillir le gigantisme de l’éolien (culminant à près de 200 m de hauteur).
Il évoque aussi l’emploi généré, le tourisme industriel balbutiant – les premiers bateaux se sont lancés cet été vers les parcs expérimentaux – ou encore les projets avec les pêcheurs pour qu’ils s’intègrent dans ce développement.