En déclin, la carte postale tente de se réinventer en ligne: est-ce que ça vaut vraiment le coup?
Publié aujourd'hui à 07h03
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64% des Français continuent d'envoyer des cartes postales (photo d'illustration). - BFM Grand Lille
Près de 64% des Français envoient encore des cartes postales à leurs proches pendant les vacances. Celles-ci connaissent, pour autant, un déclin depuis quelques années avec la montée en puissance des outils numériques. Une alternative a donc commencé à s'imposer: créer une carte en ligne puis l'imprimer au format papier. Qu'est-ce que ça vaut vraiment? Explications.
Pendant les vacances, c'est un rituel qui trouve encore aujourd'hui toute sa place: choisir une carte postale dans une boutique souvenirs, puis prendre le temps de l'écrire et de la poster. Pour signifier à un membre de votre famille, à un ami ou à un collègue que vous avez pensé à lui.
Près de 64% des Français continuent d'envoyer des cartes postales en vacances, selon les chiffres d'une enquête publiée fin juillet et menée par l'institut d'études YouGouv pour Fizzer, plateforme de cartes postales numériques.
"C'est loin d'être un produit dépassé et désuet, c'est même 'la' petite attention par excellence. Une photo numérique disparaît dans un fil, alors qu'une carte postale prend place dans une maison, finit sur un frigo ou dans une boîte à souvenirs", assure à RMC Conso Antoine Moulin, directeur de Fizzer.
D'après l'étude, et contrairement aux idées reçues, les cartes postales séduiraient davantage les jeunes avec 68% des 18-24 ans. Chez les 25-34 ans, 17% déclarent même en envoyer systématiquement, contre seulement 8% en moyenne.
Cela pourrait s'expliquer par une volonté de déconnexion numérique, de privilégier des activités manuelles, mais également à une dimension "vintage" et d'un retour à la mode d'objets anciens, au même titre que les appareils photo argentiques ou les vinyles par exemple.
"Une baisse des envois chaque année"
Malgré cela, "le constat est réel, les gens achètent moins de cartes postales physiques et il y a une baisse des envois chaque année", souligne-t-il. Selon l'étude de YouGov, il y a cinq ans, 67% des Français envoyaient des cartes, contre 64% actuellement.
En 2008, La Poste traitait 18 milliards de plis contre moins de 6 milliards en 2023. Pour autant, il est compliqué d'obtenir des chiffres précis sur les cartes postales, car elles sont triées en même temps que les lettres et difficiles à distinguer dans les enveloppes. La seule donnée aujourd'hui connue, c'est que le courrier émis par les particuliers représente moins de 5% des volumes totaux.
Mais alors, comment expliquer ce déclin? D'abord, c'est la question de la praticité qui est en jeu, d'après le directeur de Fizzer. "Il faut acheter la carte, trouver un endroit pour acheter une enveloppe et un timbre, l'écrire et chercher une boîte aux lettres pour la poster. Le processus est long et c'est une barrière pour beaucoup de monde", affirme-t-il.
De plus, il y a "un sujet prix: les tarifs des timbres ont augmenté de 5 à 10% par an depuis cinq ans, dépassant presque le prix d'une carte postale", ajoute Antoine Moulin. Même s'il y a souvent du choix, celui-ci pointe aussi "l'absence de personnalisation des cartes postales, de nombreuses personnes peuvent potentiellement avoir envoyé la même carte et certaines la recevoir plusieurs fois".
Ce manque est aujourd'hui pallié par des outils numériques qui permettent de créer gratuitement de multiples supports graphiques, comme les cartes postales à envoyer par message ou à imprimer. C'est par exemple le cas du célèbre site Canva.
Et c'est "amplifié avec l'intelligence artificielle", constate le directeur de Fizzer. La personnalisation est, en effet, poussée à son maximum. Vous pouvez demander ce que vous souhaitez et vous aurez votre carte en moins d'une minute. Nous avons essayé et voici le résultat:

Moderniser la pratique
Pour répondre à ces deux tendances, ceux qui continuent d'être attachés au format physique de la carte postale mais qui utilisent règulièrement des outils de création en ligne, un nouveau marché a commencé à s'imposer depuis quelques années et a contribué à moderniser la pratique.
Fizzer, lancée en 2014, s'est spécialisée dans la carte postale dès ses débuts. L'entreprise est aujourd'hui devenue leader sur le marché avec trois millions de cartes vendues par an et une croissance de 5% entre 2024 et 2025. Mais c'est loin d'être la seule. Il y a aussi popcarte et SimplyCards, deux autres acteurs français, et à l'étranger, TouchNote et MyPostcard.
Concrètement, ces plateformes permettent de créer, depuis votre smartphone, des cartes postales à partir de vos propres photos et d'écrire les textes au dos, pour qu'elles soient ensuite imprimées comme de vraies cartes postales, puis envoyées au destinaire de votre choix dans le monde entier.
Personnalisable et pratique
Le principal avantage, c'est "l'ultra-personnalisation". Un argument largement mis en avant par toutes les plateformes. Si vous pensiez avoir le choix en boutiques souvenirs, vous vous trompiez. Sur ces plateformes, vous pouvez choisir la mise en page et la disposition des photos ou illustrations avec des thèmes par régions et par pays, choisir vos photos, rajouter du texte, des stickers, écrire le texte derrière, sélectionner un timbre etc.
"Ce sont presque des mini-oeuvres d'art. Chacune d'entre elles sera unique", insiste Antoine Moulin de Fizzer. Les sites sont faciles d'utilisation et très ludiques. Néanmoins, il y a tellement de choix qu'on peut parfois être vite perdu et qu'il est encore plus difficile de se décider.
L'autre avantage, c'est bien sûr la praticité du processus. La création d'une carte postale se fait depuis votre smartphone ou votre ordinateur, peu importe où vous êtes, et en quelques minutes seulement. Toutes les longues étapes, et pas toujours très marrantes, comme l'achat du timbre (même s'il est désormais possible de le trouver en ligne) ou le déplacement jusqu'à la boîte aux lettres, sont supprimées.
Vous gagnez donc du temps, et ce, même si la personnalisation peut prendre du temps. En revanche, l'étape qui ne peut être comblée par le numérique, notamment pour les adeptes du format papier, c'est celle de l'écriture. Taper votre texte sur un clavier n'équivaut pas à la sensation de tenir la carte d'une main et le stylo dans l'autre et d'y aposer son écriture.
Quels prix?
Autre plus: le prix, qui est "moins cher qu'une carte postale physique", comme l'assure Antoine Moulin. Nous avons donc vérifié. En boutiques souvenirs, les cartes sont vendues entre 0,50 et 2 euros selon les modèles et il faut ajouter le timbre, qui est par exemple à 1,52 euro pour une lettre verte. Comptez donc entre 2,02 et 3,52 euros au maximum.
Pour les versions numériques, une carte postale coûte un crédit, soit 2,99 euros sur Fizzer. C'est 2,69 euros l'unité sur popcarte. Les écarts sont donc relativement minces. Si vous achetez une carte postale papier à 0,50 centimes, vous payerez moins cher. Mais sur ces plateformes, ce sera quelques centimes de plus, avec toutes les contraintes logistiques en moins.
Là où cela peut être plus intéressant, c'est si vous avez l'habitude d'envoyer régulièrement des cartes postales tout au long de l'année. Dans ce cas, vous pouvez opter pour des packs: 2,50 euros l'unité pour 50 cartes postales achetées sur Fizzer ou encore 1,99 euro la carte pour 200 achetées sur popcarte.
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Enfin, les plateformes, aussi spécialisées dans l'impression de différents produits photos (albums, calendriers etc.), proposent des cartes postales de qualité satisfaisante. Attention, celle-ci peut être "très variable selon la qualité des photos prises par les personnes", nuance le directeur de Fizzer.