À Nîmes

La manifestation était initialement annoncée contre la vie chère. Mais près de 3 000 personnes (1 500, selon le cabinet de la préfète du Gard) se sont rassemblées en cœur de ville pour exprimer des revendications diverses. Au sein de ce cortège bien ordonné, « gilets jaunes », lycéens et étudiants, actifs en galère, puis retraités. Mais, à 15h30, des manifestants ont improvisé la prolongation de la mobilisation du jour. Et ils ont au sens propre changé de visage. Tandis que les sourires disparaissaient, l’heure était manifestement à la casse, de la part de jeunes hommes, quasi exclusivement, le visage dissimulé.

À Béziers

Entre 1 200 et 1 500 personnes ont manifesté dans un mouvement marqué par le soutien aux lycéens et la convergence de revendications sociales. L’après-midi, un second rassemblement, plus restreint, s’est déroulé dans une ambiance plus tendue, avec l’usage de gaz lacrymogènes.

À Toulouse

Jusqu’à 32 000 personnes, selon la préfecture de la Haute-Garonne, ont défilé. La manifestation qui devait réunir anciens « gilets jaunes », lycéens, étudiants, militants écologistes ou opposants à la vie chère a basculé progressivement dans une succession de dégradations, de pillages et d’affrontements avec les forces de l’ordre. Dès le départ du cortège, plusieurs centaines d’individus vêtus de noir, le visage dissimulé, avaient pris les devants. La préfecture a estimé ce groupe à près de 500 personnes « préparées pour se confronter aux forces de l’ordre ». Ainsi, plusieurs commerces ont été pillés et des vitrines brisées. À 19 h 30, 53 personnes avaient été interpellées et huit policiers blessés.

À Perpignan

La situation a dérapé, alors que des familles, des retraités, des étudiants, des lycéens et des « gilets jaunes » étaient venus pour une mobilisation qui avait pour mot d’ordre la convergence des luttes, celle-ci a fini par devenir hors de contrôle en début de soirée. Selon nos confrères de L’Indépendant, 20 personnes, mineures pour la plupart, ont été interpellées. Les vitrines du Sephora ont été brisées, des produits y auraient été volés. Les Galeries Lafayette ont également été attaquées par des casseurs. Les forces de l’ordre ont fait l’objet de jets de sacs-poubelles, de détritus, de pétards, mais aussi de poubelles en feu et de pierres.

Dans l’Aude

Ils auront été 2 500 dans l’Aude à se mobiliser. 1 500 à Carcassonne et 1 000 à Narbonne dans des cortèges très majoritairement composés de jeunes pour cet appel à manifester contre la vie chère et en faveur du pouvoir d’achat.

À Bagnols-sur-Cèze

Seule une vingtaine de personnes se sont rassemblées pour dénoncer la vie chère sur le rond-point de l’Europe. Dans la matinée, un drapeau français a flotté sur le giratoire et des messages ont été déployés sur des pancartes et sur un étendard jaune – « Force et honneur à nos frères et sœurs de lutte » ou encore « Macron entends-tu le cri sourd du pays que tu enchaînes ? ».

À Montpellier

« Ambiance de fin du monde sur la place de la Comédie dans une nuée de gaz lacrymogènes. » Voici comment nos journalistes de la rédaction de Montpellier décrivaient cette fin de mobilisation. Environ 35 000 personnes ont défilé dans les rues, selon la préfecture, en majorité des lycéens et des étudiants venus exprimer leur ras-le-bol. Mais la manifestation a viré au chaos et des magasins emblématiques de place de la Comédie et du centre-ville (Monoprix, Foot Locker, etc.) ont été saccagés, pillés. Des vitrines ont été brisées. Dans un communiqué, la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet, qui avait autorisé le rassemblement jusqu’à 19 heures, a appelé les manifestants à rentrer chez eux « en raison des risques de troubles à l’ordre public liés à la présence de manifestants hostiles, habillés en noir, cagoulés, munis de tir de mortiers et de matériel pouvant servir d’armes par destination et dont l’intention est l’affrontement avec les forces de l’ordre ». Vers 19h30, malgré les tirs de gaz lacrymogènes, les manifestants – voire les émeutiers – ne voulaient toujours pas se disperser, visant, selon nos journalistes présents sur place, les forces de l’ordre avec des tirs de mortiers d’artifice. Une première charge a été donnée près du Corum, alors que sur la place de la Comédie et dans les rues adjacentes des cris, des sifflements, des tirs de gaz lacrymogènes se faisaient entendre et que, partout, les déchets s’accumulaient. Des feux ont été allumés, faits de boîtes de chaussures venues du Foot Locker dévalisé ou des planches censées protéger les vitrines.