"En tant que personne âgée, on est une proie": à Uccle, deux grands-parents agressés par deux mineurs
"C'était d'une si grande violence. Je ne me sens pas en sécurité quand je marche dans la rue. Avoir peur dans sa propre ville, c'est terrible. Je tiens mon sac, je suis angoissée… En tant que personne âgée, on est une proie. Je me suis vraiment sentie comme ça : une proie pour eux." Plusieurs jours après l'agression, Myriam reste marquée.
Vendredi dernier, l'Uccloise et son mari marchaient avec leur petit-fils avenue du Domaine, à Uccle. Ils étaient venus le rechercher après un stage de sport. Au niveau de la rue Roosendael, la famille a croisé la route de deux jeunes. "J'ai vu leur regard et j'ai tout de suite su", raconte la dame de 67 ans, qui préfère garder l'anonymat par crainte de représailles.
Crise de l'hébergement d'urgence à Bruxelles : en juillet, le Samusocial a dû refuser 238 enfants dont 15 nourrissonsTout est allé très vite, nous dit-elle. "Ils m'ont sauté dessus. Ils ont arraché mon collier. Mon petit-fils hurlait." Myriam a été poussée au sol. En voulant intervenir, son mari a également été agressé. Sa tête a heurté un muret. "Il était ensanglanté. Les lunettes sont cassées, l'œil est abîmé, la main est tordue, un orteil est fracturé…", énumère la victime. "Mon petit-fils hurlait. Il pensait que son grand-père allait mourir. Ce fut pour lui un traumatisme terrible."
Dans la fuite, un des agresseurs y a laissé sa chaussure. Ce qui a permis aux forces de l'ordre d'identifier rapidement les malfrats. Malgré l'interpellation, aucune trace du collier. "C'était le collier de ma grand-mère. Il avait une valeur sentimentale", déplore l'Uccloise.
"On fait passer les habitants pour des racistes"
Selon les informations données par un policier à la victime, il s'agirait de deux jeunes mineurs étrangers non accompagnés (Mena), actuellement accueillis à Forest. Une information que le parquet, la police et Fedasil se refusent à commenter.
Centre Fedasil à Uccle : l'ouverture reportée une nouvelle foisÀ Uccle, cette agression vient s'inscrire dans un contexte particulièrement tendu. Pour rappel, des habitants, soutenus par la commune, s'opposent à l'installation d'un centre Fedasil géré par le Samusocial rue Beeckman. Ces riverains dénoncent notamment des procédures urbanistiques non réglementaires et un nombre trop élevé de personnes pour cette ancienne maison de repos.
Myriam fait justement partie des habitants de ce quartier. "On est d'accord d'avoir un centre. Tout le monde a droit à sa chance. Nous sommes pour l'accueil de réfugiés qui veulent s'intégrer. Mais il faut le faire dans les formes", pointe-t-elle, déplorant une "culpabilisation" du Samusocial envers les riverains. "On fait passer les habitants pour des racistes. Ce n'est pas correct. Le Samusocial joue sur l'urgence alors qu'ils pouvaient s'y prendre plus tôt et faire les choses correctement."
Asile et migration - Centre Fedasil à Uccle: le Samusocial suspend à nouveau les emménagementsS'en tenant aux informations données par le policier, l'Uccloise déplore : "Il y a un problème d'encadrement de ces jeunes non accompagnés. Ce n'est pas normal qu'ils traînent comme ça dans les rues. En tant qu'enseignante, je ne peux pas l'accepter."
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