Ils étaient neuf à être cités à comparaître pour cette affaire devant tribunal correctionnel de Huy. Sur l'ensemble des prévenus attendus, six se sont présentés ce mercredi 12 août 2026. L'affaire en question est une histoire de trafic de stupéfiants en association. Le groupe vendait de la cocaïne dans les rues de Huy et avait une certaine organisation selon les éléments décelés tout au long de l'enquête policière.

À la tête des délinquants se trouverait un couple. Laura (prénom d'emprunt), âgée de 23 ans et Nathan (prénom d'emprunt), 24 ans, se répartissaient les tâches. La prévenue s'occupait plus de l'aspect recrutement, en dénichant de nouveaux livreurs de stupéfiants, tandis que l'homme, lui, accompagnait les nouvelles recrues sur le terrain et comptait les billets. La sœur de Laura, Perrine (prénom d'emprunt), était également impliquée dans ce système de vente de cocaïne. Elle se serait chargée de vendre à de nombreuses reprises. Si elle reconnaît avoir participé à ce trafic, elle affirme que tout ça est derrière elle désormais. "Quand j'ai appris que j'étais à nouveau enceinte, en avril 2025, j'ai tout arrêté. À l'époque, j'étais en couple avec l'un des prévenus qui est le père de mon petit garçon mais cette histoire est finie. J'ai un nouveau compagnon qui est bien plus attentionné envers moi et je n'ai plus commis aucun fait depuis."

Parce que oui, son ancien compagnon, Tristan (prénom d'emprunt), est également l'un des prévenus de cette affaire. Il aurait aussi vendu de la cocaïne, à l'instar de l'ensemble des autres personnes citées à comparaître. Lui, nie les faits après avoir passé tout un temps en prison. "J'ai déjà été incarcéré pendant 18 mois, ça m'a suffi. J'ai été traumatisé par la prison. Je ne veux plus y retourner."

"Je reconnais tous les faits"

Étienne (prénom d'emprunt), un autre prévenu, n'a aucune attache en Belgique. S'il s'est retrouvé dans cette organisation criminelle c'est, selon ses dires, parce qu'il ne savait plus quoi faire pour gagner de l'argent. "J'étais acculé. Mon père est très malade et vit en France. Il m'a dit que je devais absolument l'aider à guérir. Je reconnais tous les faits, je les regrette."

Un autre, Yohann (prénom d'emprunt), âgé de 18 ans à peine, était mineur au moment des faits. Il explique être arrivé en Belgique il y a un an et demi seulement. Lorsqu'il débarque sur le territoire, il n'a pas de quoi subvenir à ses besoins. "Tout le trafic était déjà organisé quand je suis arrivé. J'ai demandé où je pouvais me faire de l'argent et on m'a dit d'aller trouver Laura. Elle m'a proposé de livrer de la cocaïne."

Un trafic en association

Au fil des explications fournies par les prévenus, tous disent avoir été dans une situation de précarité extrême, avoir été obligés de vendre. Pour la substitut du procureur du Roi, il ne s'agit pas de ventes isolées, mais bien d'une association. Les premiers prévenus à être interpellés par la police le sont devant un magasin hutois "bien connu pour être un repaire de deal, insiste la substitut. L'analyse des téléphones a permis de confirmer l'existence d'un trafic de stupéfiants. Les traces de deal remontent au 19 janvier 2025."

Et des preuves matérielles appuient l'hypothèse avancée par le parquet. Des images de caméra de surveillance auraient permis de distinguer Laura et Nathan vendre ensemble à plusieurs reprises. D'autres témoignages, notamment venus de mineurs, inculpent d'autres prévenus. Perrine, par exemple, aurait confié des billes de cocaïne dissimulées dans une boîte de chewing-gums à une mineure afin de récupérer le contenu une fois la journée d'école terminée.

Au vu de la gravité des faits reprochés aux différents prévenus et de la circonstance aggravante d'association demandée par la substitut du procureur du Roi, elle a requis des peines allant de huit mois à quatre ans d'emprisonnement. Celle qui risque le plus gros dans cette affaire, c'est Perrine, déjà condamnée à cinq reprises pour des faits similaires. Laura et Nathan, suspectés d'être à la tête de ce trafic de cocaïne hutois, risquent quant à eux trois ans de prison chacun.

La majeure partie des avocats de la défense présents à l'audience ce mercredi ont demandé des peines de faveur pour leurs clients. Celui de Laura et celle de Nathan ont demandé l'octroi d'un sursis probatoire, tandis que celle de Perrine s'est attardée sur l'option d'une peine de travail.

Jugement le 31 août

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