Cinq mois que la RDC est frappée par la 17ᵉ épidémie d’Ebola de son histoire. Si les conséquences sont bien évidemment d’abord humaines, la barre des 4 000 décès a été franchie et les structures et personnels de santé mis à rude épreuve, cette épidémie entrave aussi l'économie. 

L'épidémie pourrait coûter jusqu'à 2% du PIB du pays si la crise durait plus d'un an, selon les scenarii de la Banque mondiale. Un coût lié d'abord aux restrictions de déplacements, que ce soit vers l'Amérique du Nord notamment, mais aussi et sans doute surtout avec la fermeture de la frontière à l'Est avec l'Ouganda. « Nous avons presque 800 millions d'échanges commerciaux chaque année entre la RDC et l'Ouganda », rappelle Julien Paluku, le ministre du Commerce extérieur congolais et ancien gouverneur du Nord-Kivu.

« C'est tout à fait normal qu’avec la fermeture des frontières, ces activités aient pu ralentir. Mais je note aussi qu’entre la RDC et l'Ouganda, même si le trafic des personnes est interdit, le trafic des marchandises n'est pas totalement interdit. Et donc ça permet quand même à ce que l'activité commerciale, bien que n'étant pas celle que nous voulions, puisse continuer petit à petit », souligne le ministre.

Une baisse d'activité clairement identifiée par les experts de la Banque mondiale. « À travers les données satellitaires, nous voyons des signes de ralentissement économique dans les zones touchées. Dans les provinces de l'Est où Ebola continue de sévir, nous voyons cette baisse d'intensité lumineuse nocturne qui traduit généralement une réduction de la mobilité, une baisse des activités, des échanges commerciaux », détaille Albert Zeufack, le directeur pays de la Banque mondiale en RDC. Ce qui, précise-t-il, « se traduit a posteriori par une baisse de l'output et aussi des recettes fiscales, mais on n'a pas encore chiffré cela ».

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Résilience et solidarité internationale

S'ensuit un effet boule de neige, décrypte Albert Zeufack : « Les perturbations dans l'économie se propagent à travers les réseaux de transport, à travers le commerce, les chaînes d'approvisionnement et surtout la confiance des investisseurs qui retardent leur investissement. Et cela a un impact énorme sur l'emploi. » 

Malgré ces difficultés, le ministre du Commerce promeut la résilience des acteurs économiques. « Lorsque l'activité commerciale est affectée entre les pays voisins, notamment l'Ouganda, avec lesquels les populations font leurs activités commerciales, les gens s'orientent vers le commerce interprovincial, par exemple entre le Nord-Kivu et le Tshopo, Kisangani, l’Ituri et le reste du pays », décrit Julien Paluku, rappelant que le pays affronte sa 17ᵉ épidémie. « On a réussi à faire face aux seize premières épidémies et donc celle-ci aussi ne sera pas une catastrophe, surtout qu'il y a une mobilisation générale », rassure-t-il.

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Dans la lutte contre cette épidémie, la Banque mondiale s'est engagée sur un montant de près de 430 millions de dollars depuis le mois de mai. Les autoritéscongolaises réfléchissent également déjà à l'après, avec de possibles allégements fiscaux pour les opérateurs économiques qui auront été les plus durement touchés.

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