Fin de cavale pour Neuf Vies, le chat errant qui décimait la faune néo-zélandaise
Jeudi 30 juillet, Neuf Vies a commis une erreur funeste. Pour la première fois, rapporte Radio New Zealand (RNZ), l’animal “est revenu au même endroit pour la troisième nuit d’affilée”. Résultat, il a été localisé “sur un lieu d’alimentation, où nous avons pu l’abattre”, explique Andrew Mentor, responsable local de la lutte contre les nuisibles, au radiodiffuseur public.
Neuf Vies, dont l’abattage a “horrifié” certains sur les réseaux sociaux, raconte la correspondante du Guardian en Nouvelle-Zélande, n’était pas n’importe quel prédateur : il s’agissait d’un chat errant, ou haret, c’est-à-dire un chat domestique retourné à l’état sauvage, devenu une célébrité nationale et même internationale, la chaîne américaine CNN lui ayant consacré un documentaire en début d’année.
La raison de cette renommée ? Le félin est soupçonné d’avoir tué, à lui seul, les trois quarts des pāteke, ou sarcelles de Nouvelle-Zélande, relâchés sur la péninsule de Purerua, dans le nord de l’île du Nord, précise la RNZ. Outre ce rare canard indigène, “une multitude de poussins de kiwi, de geckos indigènes et d’autres espèces locales” sont passés sous les griffes et les crocs du chat, indique The Guardian.
Aiguille dans une botte de foin
Selon le quotidien britannique, Neuf Vies, ainsi nommé parce qu’il semblait insaisissable, a été aperçu pour la première fois dans la péninsule de Purerua en 2023. Il avait été identifié, grâce à des caméras, après que des sarcelles de Nouvelle-Zélande ont été retrouvées mortes. Mais, malgré l’installation de pièges, et contrairement à d’autres chats errants, il n’a pu être capturé et réapparaissait régulièrement depuis trois ans, ajoutant de nouvelles victimes à sa liste.
“C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin, confie Andrew Mentor à la RNZ : il fallait passer des heures et des heures à attendre dans l’espoir qu’il se montre.”
“Il fallait que les conditions météorologiques, la lune, la lumière et tous ces différents facteurs soient réunis pour qu’il se trouve au bon endroit au bon moment, ce qui est très, très difficile.”
Finalement, l’équipe d’Andrew Mentor a réussi à attirer l’animal à l’aide de saumon, de poulet frit et de lapin, d’après la correspondante du Guardian. Le 30 juillet, le chat a été piégé dans une cage puis tué “sans souffrir”, assure le responsable.
Les chats vivant à l’état sauvage, estimés à environ 2,5 millions dans l’archipel, représentent une menace majeure pour la faune néo-zélandaise, notamment pour ses nombreuses espèces d’oiseaux endémiques, à tel point que le gouvernement envisage de les éradiquer d’ici à 2050, une question qui fait débat dans le pays.
Les chats de compagnie, bien qu’étant eux aussi de redoutables prédateurs, ne sont pas visés. “Les chats de compagnie sont importants pour de très nombreuses personnes. Ce sont les chats errants que nous visons. Ils n’ont tout simplement pas leur place dans les ngahere (forêts) néo-zélandaises”, assure Andrew Mentor à la RNZ.