Pas évident de débarquer dans un club en pleine crise au mois de janvier. Encore moins quand, quatre semaines après être arrivé, une pubalgie sévère vous est diagnostiquée. Danylo Sikan a connu une période d'adaptation mouvementée à Bruxelles. Au point où il a pu être étiqueté comme un "flop" après avoir disputé cinq matchs à peine. Des conclusions visiblement bien trop hâtives et injustes vu la forme qu'affiche l'Ukrainien aujourd'hui.

Contre Hammarby, jeudi, c'est lui qui a sonné la révolte en égalisant dès la reprise. "En seconde période, nous avons su mieux exploiter les qualités de Danylo et Mihajlo (Cvetkovic)", a analysé Ali Maamar, qui a justement servi Sikan pour ce premier but. Durant les 45 premières minutes face aux Suédois, il a effectivement endossé un rôle ingrat sur le front de l'attaque où il a sans doute parfois eu l'impression de courir dans le vide. Trop isolé, il a multiplié les décrochages pour au moins toucher le ballon, malgré les quelques contre-indications de Vitor Bruno qui aurait voulu davantage de présence et de fraîcheur dans la surface à certains moments.

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Six buts sur les sept derniers matchs

À l'aller, c'est aussi Sikan qui a ouvert le score d'un magnifique coup franc en tout début de partie. Autant dire qu'il a commencé fort cette campagne. Mais ceux qui ont été attentifs aux matchs de préparation avaient certainement déjà remarqué que l'Ukrainien paraît affûté, appliqué et concentré. Lors des amicaux, il a fait trembler les filets contre l'AZ, en fin de rencontre après s'être fait faucher, mais aussi contre NEC.

Considérant ses deux réalisations face à Saint-Trond la saison dernière, à l'occasion de l'avant-dernier match des Champions playoffs, Sikan a marqué quatre buts sur ses quatre derniers matchs officiels ou six sur ses sept dernières sorties en prenant en compte les amicaux aussi. Autant dire que le n°14 a trouvé son rythme de croisière et est au top de sa forme. Pas mal pour un homme qui, en 13 apparitions pour le compte des Mauves seulement, a déjà connu quatre entraîneurs différents (Besnik Hasi, Edward Still, Jérémy Taravel et, donc, Bruno).

Tête, pied droit, pied gauche et coup franc

Plus impressionnant encore, ses quatre buts en matchs "officiels" ont chacun valu leur pesant d'or. Son doublé contre les Canaris avait effectivement garanti la quatrième place du Sporting et, par conséquent, une qualification pour les préliminaires de l'Europa League. De manière assez symbolique, ces quatre buts ont aussi chacun été inscrits de manière différente : face au STVV, il a planté le premier du pied droit et le second du gauche ; à l'aller à Hammarby, il a fait mouche sur phase arrêtée et, au retour, de la tête. De quoi mettre en évidence la variation et toute l'étendue de sa palette.

Il combine, en plus, cette efficacité avec une capacité étonnante de percée balle au pied, un véritable sens du sacrifice pour le collectif, une intensité réelle au pressing et une volonté constante d'aller au duel, même si parfois son timing aérien a laissé à désirer contre Hammarby. À ce titre, Sikan est bien plus travailleur que son prédécesseur Kasper Dolberg, n°9 plus classique qui pouvait probablement se targuer d'être plus élégant, fin techniquement et utile dans la conservation du ballon. Non pas que celui qui a débarqué en provenance de Trabzonspor galère au moment de combiner avec ses partenaires.

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Nmecha, Dreyer et Dolberg

Contrairement à la première impression qu'il a laissée, l'échantillon de ses dernières performances constitue une base plus que prometteuse pour la suite. Il induit d'ailleurs une réponse positive au moment de se poser la question : Sikan, a-t-il les qualités requises pour enfoncer la barrière symbolique des 20 buts (toutes compétitions confondues) ? Une frontière que peu d'Anderlechtois ont franchie durant l'ère Marc Coucke : Lukas Nmecha (21 buts en 2020-2021), Anders Dreyer (21 en 2023-2024) et Kasper Dolberg (24 en 2024-2025).

Pour rejoindre ce club très restreint, le chemin est encore long, c'est sûr. Il faudra en tout cas réunir plusieurs conditions pour que Sikan mette toutes les chances de son côté. Rester fit constitue la première clé. Se qualifier pour une compétition européenne, la deuxième, d'autant que, auteur de 5 buts en Champions League avec le Shakhtar, l'Ukrainien a déjà prouvé sa valeur sur la scène continentale. Et être bien entouré, la troisième ; à ce titre, la signature d'Oliver Antman, roi des assists d'Eredivisie il y a deux ans, devrait y contribuer. Reste à voir, aussi, ce qu'Antoine Sibierski réservera pour la fin du mercato.

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