Et dire que Jean-Pierre Karaquillo n’était pas chaud. Lorsqu’il a vu la candidature de Zinédine Zidane arriver sur son bureau, le co-fondateur du Centre de Droit et d’Économie du Sport (CDES) de Limoges a d’abord craint l’effervescence médiatique. Mais après s’être entretenu avec le champion du monde 98, il lui a naturellement ouvert en 2011 les portes de la formation de manager général de club sportif professionnel.

Dans cette 7e promotion, ils sont 18 anciens sportifs de haut niveau – ex-footballeurs, rugbymen, basketteurs, handballeurs et volleyeur – à s’ouvrir à de nouveaux horizons. « C’était une belle surprise. Par rapport à l’image qu’on pouvait se faire de lui dans les médias, on a trouvé quelqu’un de très accessible, témoigne Guéric Kervadec, champion du monde de hand en 1995. Il était très à l’écoute, s’intéressait aux autres. Il était un élève parmi les autres. »

Durant sa formation au CDES de Limoges, Zinédine Zidane se rapproche d’Eric Carrière avec qui aime s’adonner au futsal.  Photo d’archives Sipa/Lancelot Frederic

Durant sa formation au CDES de Limoges, Zinédine Zidane se rapproche d’Eric Carrière avec qui aime s’adonner au futsal.  Photo d’archives Sipa/Lancelot Frederic

« Zizou » s’est lancé dans ce parcours de deux ans, poussé par le DTN François Blaquart et l’intendant des Bleus Henri Emile, afin de retrouver les bancs de l’école et s’offrir une vision élargie de la gestion d’un club. « Il ne savait pas encore exactement ce qu’il voulait faire. Il avait besoin d’avoir toutes les connaissances pour trancher en connaissance de cause, abonde l’ex rugbyman Julien Frier, l’ancien troisième ligne aile isérois. Il s’est plié aux règles malgré un emploi du temps chargé. »

Une aura toujours intacte

Les étudiants multiplient les déplacements, en France et à l’étranger, pour se frotter à des cas concrets. L’ex-meneur de jeu, ouvert, avide d’apprendre et de se former sans brûler les étapes ne dédaigne pas les cours sur la gestion de crise dans les grandes entreprises ou les ressources humaines. Le futsal du lundi soir instauré avec Eric Carrière permet d’affermir les liens.

« On avait la vie d’un vrai groupe. Chacun apportait son expérience », indique Kervadec. S’il se chambre beaucoup avec Olivier Dacourt, Zidane n’en est pas moins un élève sérieux, moteur même lorsqu’il accueille sa promotion à Madrid avec visite privée du Bernabeu en prime. Mais il a parfois l’impression de freiner les autres lorsque ses camarades restent avec lui les midis à manger des plateaux-repas pour rester discret. Car cinq ans après la fin de sa carrière son aura reste intacte.

Des amitiés, mais une envie de retour au terrain

« Il dégage du charisme et donne l’impression que tout a l’air facile pour lui. Il a une telle notoriété, mais au-delà de l’homme qu’il est médiatiquement, c’est quelqu’un de merveilleux, assure Frier. Mais il n’a pas la même vie que nous. À Clermont, on avait passé la soirée dans le complexe sportif d’Aurélien Rougerie. Même si l’endroit avait été privatisé, l’information qu’il était là avait fuité. Au moment de partir, il y avait cinq cents ou mille personnes qui l’attendaient sur le parking. On a dû l’escorter jusqu’à sa voiture… »

Au sein de cette 7e Compagnie, « ZZ » a noué des amitiés et s’est éclairci les idées sur son futur métier. Même si le bagage est intéressant, ce ne sera pas manager général. De ces deux ans en immersion, il en est ressorti que le terrain lui manque trop. L’expérience scolaire, en bande, lui a plu, mais sa place ne sera pas dans un bureau.