Deux canettes qui pourraient coûter très cher. Devant le tribunal correctionnel de Mons, trois hommes ont comparu pour un vol avec violence, commis le 30 janvier dernier dans un magasin de nuit de Frameries. Le ministère public a requis des peines de quatre, trois et deux ans de prison ferme.

Les faits se déroulent peu avant 23 heures. Alertée, une patrouille de la zone de police boraine découvre le gérant du commerce blessé à un doigt. Les caméras de surveillance montrent trois hommes entrant dans le magasin, se présentant à la caisse avec des canettes avant qu'un différend n'éclate. Soupçonnés de vol, ils quittent une première fois les lieux avant de revenir. Le commerçant tente alors de les retenir jusqu'à l'arrivée de la police en saisissant l'un d'eux par le bras. Selon l'enquête, celui-ci aurait alors sorti un couteau de sa poche. Les deux autres seront interceptés un peu plus loin lors d'une intervention pour tapage nocturne. Un couteau est retrouvé au sol.

Les auditions des trois suspects se contredisent. Les enquêteurs apprennent également que le trio aurait tenté, un peu plus tôt dans la soirée, de voler des canettes dans un autre magasin de nuit. Cette tentative aurait finalement échoué après le paiement des boissons.

Un vol avec violence pour le parquet

Pour le parquet, l'affaire ne fait guère de doute : l'un des prévenus a dissimulé les canettes sous sa veste et a fait usage de violence, tandis que les deux autres doivent être considérés comme coauteurs.

Charles, déjà lourdement condamné et actuellement détenu, nie toute implication. Condamné en mai 2025 à 40 mois de prison avec un sursis probatoire partiel, il affirme avoir respecté toutes les conditions qui lui étaient imposées. Son avocat, Me Berger, réclame son acquittement et estime que la précédente tentative de vol évoquée par le parquet ne peut constituer un élément de culpabilité.

Paul, lui, reconnaît avoir dérobé les deux canettes mais conteste avoir été porteur d'un couteau. Il parle d'un acte irréfléchi, sans préméditation. Son conseil, Me Russo, sollicite un sursis probatoire, rappelant que son client est placé sous surveillance électronique depuis sept mois, alors que le parquet requiert trois ans de prison ferme.

Menacé de mort sur les réseaux

Enfin, Édouard, 18 ans, poursuivi pour les mêmes faits, a livré des déclarations confuses. Après avoir affirmé n'avoir fait que participer à la scène, il a finalement désigné Paul comme l'auteur du vol et assuré que celui-ci, tout comme Charles, était armé d'un couteau. Son avocat, Me Michiels, a plaidé l'acquittement, soulignant que le jeune homme n'a plus fait parler de lui depuis sa remise en liberté et qu'il a été victime de menaces sur les réseaux sociaux après avoir livré sa version des faits.

Le tribunal rendra son jugement dans quinze jours.